Suffrage Universel
le droit de vote des étrangers
le droit de vote des étrangers en Suisse
Le droit de vote des étrangers dans le canton de Vaud
http://www.lapresse.ch/archives/arch97/vote.htm
Droit de vote et d'éligibilité cantonal et communal pour les étrangers?
"Oui" étatique, censé relancer le débat
dossier réalisé par Laurent Busslinger
Des assises vaudoises de l'immigration sont prévues en juin.
Le Conseil d'Etat vaudois relance inopinément le débat sur l'intégration politique des étrangers. En conclusion de sa réponse à la consultation nationale sur le rapport de la Commission fédérale des étrangers, il se déclare "favorable à l'octroi des droits de vote et d'éligibilité, au niveau cantonal et communal, après un certain temps de résidence."
PAS DE CALENDRIER
A l'origine d'une prise de position qu'il qualifie lui-même de "petit coup de tonnerre" Josef Zisyadis, chef du Département de justice et police, ne précise pas le temps de résidence qui lui semblerait adéquat. Il ne fixe pour l'instant pas davantage de calendrier, ni de procédure, pour (re)poser aux citoyens la question du droit de vote des étrangers. Hier, devant la presse, Josef Zisyadis a surtout annoncé l'organisation d'"Assises de l'immigration" qui se tiendront le 12 juin prochain au Théâtre de Vidy. La mise en place d'une loi cantonale pourrait être notamment discutée dans ce cadre. "On sait que la population n'est pas encore favorable à l'octroi de ce droit de vote, a noté le chef du DJPAM. Il s'agit d'ouvrir le débat et d'amener des solutions nouvelles. La politique d'intégration doit être une clé de voûte de l'avenir."
CRITIQUES
Dans sa prise de position, le Conseil d'Etat se montre critique vis-à-vis du rapport fédéral. Il lui reproche de rester dans une voie médiane, et de demeurer un catalogue de propositions. Il lui reproche également d'ignorer des problèmes fondamentaux, comme la politique des trois cercles, le statut des saisonniers et le droit au regroupement familial. Il estime finalement que la politique d'intégration des étrangers a toujours été le "parent pauvre" de la politique suisse d'immigration.
Outre le droit de vote et d'éligibilité, le Conseil d'Etat se déclare favorable à l'abolition de la politique des trois cercles et du statut de saisonnier, et à une procédure de naturalisation facilitée. Il préconise aussi la création des bases légales nécessaires à une vraie politique d'intégration, et la création d'un Office fédéral de l'intégration.
Fin 1995, le canton de Vaud comptait 152445 étrangers, soit 25,3% de sa population. Dans le district de Vevey, cette proportion est de 29%, de 16,8% dans le district de Lavaux, de 27% dans le district d'Aigle, et de 15% au Pays-d'Enhaut. Dans les communes urbaines, Montreux compte 36,5% d'étrangers et Vevey 38,2%.
Témoignage
"Tous les droits et tous les devoirs"
Aujourd'hui syndic socialiste de Montreux, député, officier, Pierre Salvi est d'origine italienne. Né à Montreux où il a fait sa formation, il a choisi la nationalité suisse à 18 ans. Sur la prise de position du Conseil d'Etat, sa réaction est nuancée: "Il faut avoir conscience que l'intégration est un débat délicat. Pour moi, et j'en ai fait le choix, la meilleure solution est de prendre la nationalité suisse, avec tous les droits et tous les devoirs qu'elle comporte. En ce sens, les mesures facilitant la naturalisation, en particulier pour les jeunes, sont très positives."
"Le droit de vote des étrangers? J'y suis acquis sur le plan communal, comme l'éligibilité dans un Conseil communal. Là, il s'agit de gérer une communauté, et tous ses membres doivent pouvoir y participer. On se dirige d'ailleurs à Montreux vers une chambre consultative des étrangers. Par contre, le cadre d'une Municipalité, ou celui du Grand Conseil sont beaucoup plus politiques, et on ne peut faire de la politique dans deux pays à la fois."
Pour Pierre Salvi les clivages entre partis sont ici artificiels: "C'est une question de mentalité populaire, qui échappe aux partis. Plusieurs votations romandes récentes ont montré qu'on ne peut forcer la porte."
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Réactions Président du Parti radical vaudois, syndic de Vevey, Yves Christen (photo) est ouvert au débat. "C'est un sujet qui est toujours d'actualité, sur lequel il faut continuer à travailler. On devrait toutefois le faire par étape, en se contentant dans un premier temps de droits au niveau communal. A Vevey, une commission consultative des étrangers est en route. Quant à la limite d'intégration, elle devrait être celle du Permis C." Secrétaire du Parti libéral vaudois, Philippe Leuba se dit "surpris". "Le Conseil d'Etat a calqué son attitude sur celle de Josef Zisyadis." Il rappelle les échecs de votations précédentes et souligne que les libéraux sont favorable à un assouplissement des procédures de naturalisation: "C'est rendre un mauvais service à l'intégration que de vouloir imposer le droit de vote. La population n'en veut pas." Du côté des communautés étrangères, on se montre très favorables. Ancien président de la mission italienne de Montreux, Piero Lombardo (photo) estime la question toujours d'actualité. "Lors de chaque votation en Suisse elle revient. Les gens disent que s'ils pouvaient donner leur avis les choses se passeraient différemment. Il faut qu'on considère ceux qui ont un permis C comme intégrés." Représentant la communauté espagnole veveysanne, Ramon Martinez insiste sur une ouverture sans restriction de provenance: "Pour voter, c'est l'intégration qui compte, pas l'origine. On passe tous par les mêmes problèmes." |
http://www.dire.vd.ch/constitution/actuel/droitdevote.html
DROIT DE VOTE DES ETRANGERS
Dans sa séance du 2 juillet 2002, le Grand Conseil a définitivement adopté deux objets en étroite relation avec la mise en œuvre de la nouvelle Constitution vaudoise.
Le Grand Conseil a adopté une révision de la Loi sur l’exercice des droits politiques (LEDP) concrétisant l’élargissement des corps électoraux communaux aux personnes étrangères. Pour l’essentiel, le projet du Conseil d’Etat prévoyait d’insérer dans la loi la disposition constitutionnelle (article 142 Cst-VD) consacrant cet élargissement. En dehors de quelques discussions concernant des aspects techniques et juridiques, les débats ont démontré un large accord au sein Grand Conseil pour que les personnes étrangères puissent rapidement exercer leurs droits politiques.
L’administration travaille donc désormais à la mise en œuvre concrète. Il s’agira d’inscrire simultanément près de 80'000 personnes dans les rôles électoraux communaux, ce qui n’est pas une mince affaire.
L’entrée en vigueur effective devrait intervenir le 1er janvier 2004.
http://www.dire.vd.ch/constitution/actuel/vote_etrangers.html
LES ETRANGERS VOTERONT SUR LE PLAN COMMUNAL DES LE 1ER JANVIER 2004
Peu de cantons connaissent le droit de vote des étrangers au plan communal : Neuchâtel et Jura, le canton d'Appenzell accorde aux communes la possibilité d'élargir leur corps électoral aux personnes étrangères, Berne a un projet de loi dans ce domaine. C'est une des principales innovations de la nouvelle constitution vaudoise. Ainsi, dès le 1er janvier 2004, les étrangers de notre canton pourront se rendre aux urnes.
De quels étrangers parle la Constitution ? (art. 142)
En dépit des difficultés d'interprétation que soulève en première lecture cette disposition, il apparaît que le cercle des ayants droit est finalement bien délimité : exerceront les droits politiques les personnes titulaires des permis B et C, celles au bénéfice d'une autorisation délivrée par la Confédération (diplomates) et leurs familles (permis Ci). Ces personnes doivent en outre remplir les autres conditions fixées par la Constitution (dix ans de résidence en Suisse et trois ans de domicile dans le canton), conditions qui renvoient à des types d'autorisation spécifique : pour le calcul du délai de trois ans, il conviendra de prendre en considération les autorisations délivrées dans le cadre des demandes d'asile; pour le calcul des dix ans de résidence, entreront également en considération les permis saisonniers (A), mais non ceux de courte durée (L).
Pourquoi ne peuvent-ils pas voter tout de suite ?
Il est vrai que la nouvelle constitution est entrée en vigueur le 14 avril 2003. Cependant le vote des étrangers nécessite tout d'abord une révision de la loi sur l'exercice des droits politiques (LEDP). Le projet de loi adopté
par le Conseil d'Etat doit encore recevoir l'aval du Grand Conseil vaudois. Sur cette base, il s'agira alors d'identifier les étrangers bénéficiaires et de prendre les mesures permettant de mettre à jour les registres électoraux. Ceci implique de nombreuses adapations pratiques, notamment sur le plan informatique, qui prendront plusieurs mois. Avec le concours des communes et l'appui de l'administration fédérale (Registre central des étrangers), l'Etat va concrétiser au plus vite l'article 142 de la nouvelle Constitution.
Exposé des Motifs er des Projets de Lois (EMPL) sur l'exercice des droits politiques (LEDP)
Assises de l'immigration
mercredi 18 juin 2003, 1er Cahier
Une initiative populaire veut effacer le vote des étrangers de la Constitution
DROITS POLITIQUES · Une initiative sera lancée fin août pour supprimer le droit de vote des étrangers sur le plan communal. Cette nouveauté, introduite dans la nouvelle Constitution, était hier concrétisée par le Grand Conseil.
jérôme cachin
Le droit de vote communal des étrangers est une des nouveautés de la Constitution vaudoise, entrée en vigueur le 14 avril dernier. Mais un groupe de citoyens ne l'entend pas de cette oreille. Il a déposé lundi à la Chancellerie le texte de son initiative pour faire marche arrière et supprimer ce droit accepté le 22 septembre 2002 avec tous les autres articles de la nouvelle Constitution. La récolte des 12 000 signatures nécessaires démarrera le 22 août et s'achèvera quatre mois plus tard.
HORS PARTIS et "pas racistes"
Le comité de 7 citoyens, la plupart du Nord vaudois, se veut indépendant de tout groupement ou parti, explique Claude Resin, son animateur. Et ce, même si ce dernier est président de la section vaudoise de l'Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN), et qu'un autre membre du comité de la section fait partie des 7 promoteurs de l'initiative. "L'ASIN ne soutient aucunement cette initiative car elle ne s'occupe que de politique nationale", explique Claude Resin. Aucun lien non plus avec les Démocrates suisses. Le parti d'extrême droite n'est pas le bienvenu dans leur démarche et "on ne veut surtout pas que des racistes participent à la récolte des signatures".
"Pas de droits sans devoirs", le titre de l'initiative annonce la couleur: les étrangers doivent acquérir la nationalité suisse pour exercer un droit de vote. "Nous sommes pour une naturalisation facilitée et gratuite, explique Claude Resin. Les étrangers n'auraient que des droits et aucun devoirs, en particulier celui du service militaire."
La Ligue vaudoise, mouvement nationaliste vaudois proche du patronat, était, elle aussi, pour promouvoir la naturalisation. Mais elle ne soutiendra pas pour autant le comité de Claude Resin. "Les Vaudois ont voté. Je sens assez mal un soutien de notre part si l'initiative aboutit. Il ne faut pas revenir en arrière."
Au Grand Conseil, hier après midi, il n'a pas été du tout question du lancement de cette initiative. Les députés avaient à adopter les modifications de loi pour permettre l'application du nouveau droit de vote. L'entrée en matière sur ce texte a été acceptée à l'unanimité moins un non et une abstention. Ainsi les étrangers qui résident en Suisse depuis dix ans et domiciliés dans le canton depuis trois ans pourront voter dans leur commune de domicile à compter du 1er janvier 2003.
AMENDEMENTS UDC BALAYES
L'UDC, par la voix de sa présidente Ursula Daepppen, a déposé deux amendements qu'il n'avait pas proposés en commission. Le premier pour refuser ce droit de vote aux diplomates et au personnel des ambassades et des institutions internationales. Le fait qu'ils sont exonérés d'impôts et puissent voter les taux d'impositions communaux choque l'UDC. Le deuxième amendement visait à refuser le droit de vote aux requérants d'asile. Des amendements balayés par le Grand Conseil, convaincu par les arguments de Pierre Chiffelle: d'une part, les diplomates ne restent jamais plus de 4 ans en Suisse. D'autre part, le droit international impose à l'ensemble des personnels internationaux de ne pas s'immiscer dans les affaires politiques de leur pays hôte. Enfin, pour les requérants, la procédure d'asile, même très longue, fait qu'ils n'ont pas de domicile, donc pas de droit de vote.
JC
http://www.24heures.ch/home/journal/politique/index.php?Page_ID=6446&art_id=28883&Rubrique=Ecopol
extrait de: Lise Bourgeois, "Cinq ans pour réaliser la constitution", 24Heures, 30/09/2003
Le droit de vote et d’éligibilité des étrangers au niveau communal se trouve déjà sous toit avec entrée en vigueur au 1er janvier prochain. L’initiative actuellement en cours d’un groupe de citoyens tentant d’annuler cette disposition ne pourra rien y changer. Si les opposants parviennent à faire le plein de signatures, l’Etat disposera encore de deux ans avant de soumettre leur proposition au peuple.
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