Suffrage Universel
le droit de vote des étrangers
le droit de vote des étrangers en Suisse 

 

La question du droit de vote des étrangers dans l'Etat de Genève

"Dans une ville historiquement ouverte sur l'extérieur, il est temps d'ouvrir le débat civique aux étrangers qui représentent 38% de la population et plus de la moitié de la population active. "Le salut de Genève viendra de là", estime le directeur du "Temps stratégique" Claude Monnier. "C'est le plus gros défi politique pour la Genève du futur", jugent en choeur Guy-Olivier Segond, radical, et Erica Deuber-Pauli, de l'Alliance de gauche. Mais aucune politique n'a jusqu'à présent préparé la population à admettre cette idée." (L'HEBDO N° 41, 8 octobre 1997)


Journal du Parti Démocrate Chrétien Genevois Numéro 87: Octobre 2000

Le Parlement est malheureusement divisé sur les droits politiques à accorder aux étrangers

par Nelly Guichard, cheffe du groupe DC au Grand conseil

Fautes de combattants, l’Entente rate l’occasion de donner un préavis favorable en matière de droits politiques aux étrangers au plan communal.

Tout est parti de divers Parlements des Jeunes qui demandèrent, en 1996 déjà, à leur Conseil municipal respectif de faire des propositions sur le sujet. Plusieurs communes reprirent alors le témoin et adressèrent une résolution au Grand conseil. Le Conseil d’Etat, se basant sur les réponses à un questionnaire adressé aux conseillers municipaux, élabora il y a deux ans déjà, un projet de loi donnant le droit de vote aux étrangers dans les communes qui le souhaitaient.

La Gauche "maximalise" le projet

En commission des droits politiques, estimant qu’il ne fallait pas dissocier le droit de vote et d’éligibilité, une bonne partie de la gauche a élargi cette proposition. Ainsi nous sommes- nous retrouvés en séance plénière le 22 septembre dernier avec un rapport de majorité qui proposait les droits de vote et d’éligibilité dans toutes les communes, après huit ans de résidence. Le rapport de 1re minorité, défendu par les libéraux, proposait d’accorder le droit de vote aux étrangers sous condition de réciprocité.

Le PDC propose une voie médiane et pragmatique

Pierre Marti (député DC), dans son rapport de 2ème minorité, soutenait la proposition du projet de loi initial. Il est utile ici de rappeler qu’au début des travaux de la commission des droits politiques, il avait soumis cette proposition au comité directeur du parti qui avait donné son aval pour avancer dans cette direction.

Nous pensions que l’essentiel était d’élaborer un projet de loi constitutionnelle qui, au moment du vote populaire, aurait le maximum de chances d’être accepté. A plusieurs reprises, Pierre Marti tenta de mettre en garde l’assemblée en expliquant que nous courions à l’échec si les droits de vote et d’éligibilité étaient soumis au peuple; il rappela les cuisants échecs de 1993, entre autres. Sans aucun succès.

L'extrême gauche pour un compromis pragmatique!

Malgré les appels à la raison de notre collègue, ceux d’autres députés de l’Entente et en dépit du soutien du Parti du travail, les députés verts, socialistes et une partie de l’Alliance de gauche refusa de dissocier droits de vote et d’éligibilité. La majorité de gauche ignora les déclarations de Jean Spielmann qui invitait au compromis : « pour faire avancer la cause, il faut une classe politique unie » a-t-il dit. Rien n’y fit, la gauche resta divisée, et l’Entente, elle aussi divisée au départ, ne sut pas se mobiliser suffisamment au moment du vote final pour être majoritaire. Des députés ayant quitté la séance, le projet de la gauche, tel que sorti de commission selon le rapport de majorité, l’emporta.

Ainsi, nous nous trouvons avec un projet de loi constitutionnelle - donc soumis en votation populaire -, qui propose les droits de vote et d’éligibilité sur le plan communal pour les étrangers résidant depuis huit ans dans la commune. Un projet maximaliste donc, qui nous fait courir le risque d’être refusé par le peuple. Nous le déplorons car notre parti a montré à plusieurs reprises son souci d’accorder aux étrangers des droits politiques.

Mais il nécessaire d'avancer par étapes. Les cantons du Jura et de Neuchâtel, au niveau cantonal pour ce dernier, nous ont récemment montré la voie à suivre pour avoir le soutien du peuple souverain.

Nelly Guichard, cheffe du groupe DC au Grand conseil


référendum dans le canton de Genève - 4 mars 2001

http://www.ge.ch/votations/20010304/Info_cant0.html
Objet N° 1

Acceptez-vous la loi constitutionnelle (7913) modifiant la constitution de la République et canton de Genève (A 2 00) (droits politiques communaux des étrangers)?

OBJET N° 1
A
TEXTE DE LA LOI CONSTITUTIONNELLE

Loi constitutionnelle (7913) modifiant la constitution de la République et canton de Genève (A 2 00) (droits politiques communaux des étrangers)

Loi constitutionnelle (7913) modifiant la constitution de la République et canton de Genève (A 2 00)
(droits politiques communaux des étrangers)

Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
décrète ce qui suit :

Article unique

La constitution de la République et canton de Genève, du 24 mai 1847, est modifiée comme suit:

Art. 41A Droits politiques communaux des étrangers (nouveau)


1 Les ressortissants étrangers, ayant leur domicile légal en Suisse depuis 8 ans au moins, exercent les droits politiques en matière communale à leur lieu de domicile.

2 Pour le surplus, les législations tant fédérale que cantonale en la matière s’appliquent.


OBJET N° 1
B
EXPLICATIONS DU CONSEIL D’ETAT

Loi constitutionnelle (7913) modifiant la constitution de la République et canton de Genève (A 2 00) (droits politiques communaux des étrangers)

Loi constitutionnelle (7913) modifiant la constitution de la République et canton de Genève (A 2 00) (droits politiques communaux des étrangers)

1. La question qui vous est posée
La loi constitutionnelle (7913) qui est soumise aux électrices et électeurs pose la question de la participation des étrangers à la vie démocratique de nos communes: Genève doit-elle accorder le droit de vote et d'éligibilité au niveau communal aux ressortissants étrangers, domiciliés sur le territoire cantonal et résidents en Suisse depuis huit ans au moins?
Cette question est importante et a déjà fait, tant en Europe et en Suisse qu'à Genève, l'objet d'un large débat politique et de nombreuses consultations populaires.

2. L'intérêt des communes
Tirant les leçons des échecs essuyés à Genève, en dernier lieu en 1993 par deux initiatives populaires, diverses communes ont adressé, dès 1996, des résolutions au Grand Conseil lui demandant "…de faire des propositions de modifications de la législation et de la constitution, de sorte que les communes puissent accorder le droit de vote et d'éligibilité à leurs résidents étrangers domiciliés en Suisse depuis plus de 10 années ".
Ces diverses résolutions, émanant de 9 communes représentant plus de 65% de la population du canton, ont été appuyées par le Grand Conseil.

3. Le projet du Conseil d'Etat
Au vu de ces appels et après une large consultation de l'ensemble des autorités communales, le Conseil d'Etat a pris, en 1998, l'initiative de rouvrir le débat en proposant au Grand Conseil un projet de loi constitutionnelle visant à permettre à chaque commune dont la population le droit de vote (droit de voter, droit d'élire et droit de signer des initiatives et des référendums – à l'exclusion du droit d'être élu) aux étrangers résidents titu-laires du permis d'établissement.
S'il s'écartait quelque peu du voeu des communes en excluant le droit d'éligibilité, le projet du Conseil d'Etat élargissait les compétences des communes en leur donnant la faculté, en toute autonomie, de décider si, quand et comment elles souhaiteraient accorder aux étrangers la possibilité d'une participation plus active à la vie politique de leur lieu de résidence.

4. La position du Grand Conseil
Après de longs débats, le Grand Conseil a estimé, à la majorité, qu'il convenait d'être plus audacieux
et de proposer aux électrices et aux électeurs :
a) d'octroyer le droit de vote en matière communale à l'ensemble des étrangers résidents sur le territoire cantonal (plutôt que de laisser aux électeurs et électrices de chaque commune la faculté d'en décider) ;
b) d'étendre ce droit de vote également à l'éligibilité (et non de limiter ce droit au droit de vote) ;
c) de fixer à 8 ans le délai nécessaire de résidence en Suisse (plutôt que d'exiger le permis C) afin que l'exigence en matière de délai de résidence soit égale pour tous les étrangers.

5. Les recommandations de vote des autorités
Souhaitant privilégier la politique " des petits pas ", le Conseil d'Etat avait proposé, dans un premier temps, de laisser aux communes la faculté de décider de l'octroi du seul droit de vote aux étrangers. Le gouvernement estimait ainsi donner de meilleures chances à une évolution souhaitable – et qu'il considère inéluctable – vers une intégration progressive et meilleure des étrangers dans leur lieu de résidence.
Le Conseil d'Etat prend acte de ce que le Grand Conseil a décidé d’accorder en matière communale le droit de vote et d'éligibilité aux étrangers résidents en Suisse depuis 8 ans.
Considérant que cette décision est conforme à l’esprit des règles de l’Union européenne – qui, sous quelques réserves de détail, accorde à tous les citoyens de l’Union européenne quelque soit leur appartenance nationale, le droit de vote et le droit d’éligibilité dans leur commune de résidence – le Conseil d’Etat se rallie à la décision du Grand Conseil.
Il souhaite qu’à l’avenir, les étrangers domiciliés en Suisse depuis 8 ans au moins puissent participer pleinement à la vie politique communale dans leur lieu de domicile, comme le canton du Jura l’a décidé récemment.

Pour ces motifs, le Grand Conseil et le Conseil d'Etat vous invitent à voter "OUI" à la loi constitutionnelle (7913) modifiant la constitution de la République et canton de Genève (A 2 00) (droits politiques communaux des étrangers).

http://www.ge.ch/votations/20010304/position.html#cantonale


Votation Cantonale Acceptez-vous la loi constitutionnelle (7913) modifiant la constitution de la République et canton de Genève (A 2 00) (droits politiques communaux des étrangers) ?

Libéral

NON

Les socialistes

OUI

Alliance de gauche

OUI

Radical

NON

Démocrate-chrétien

OUI

Les verts - Parti écologiste genevois

OUI

Appel de Meyrin

OUI

Association des jeunes "J'y vis, j'y vote !"

OUI

Cartel intersyndical du personnel de l'Etat et du secteur subventionné

OUI

Comité unitaire "J'y vis, j'y vote pour Genève"

OUI

Communauté genevoise d'action syndicale - CGAS

OUI

Jeunesse nationaliste suisse et européenne

NON

Mouvement populaire des familles MPF

OUI

Parti du travail - Alliance de gauche

OUI

SIT - Syndicat interprofessionnel de travailleuses -eurs

OUI

solidaritéS

OUI

Syndicat des services publics SSP/VPOD

OUI

Union démocratique du centre (UDC-SVP) du canton de Genève

NON

Union des patriotes suisses

NON

www.verts.ch/ge

OUI

http://www.ge.ch/votations/20010304/cant.asp
Droits politiques communaux des étrangers

                      48.02%

                                                     51.98%


swissinfo 04.03.2001 - 14:37 Swiss time 15:59, Monday 05.03.2001
Geneva rejects giving vote to foreigners

Voters in Geneva have narrowly turned down a proposal to give foreigners the right to vote. It's the second time in the past eight years that such a move has been rejected.

The proposal was turned down by a mere 5,000 votes. A total of 66,761 voted against while 61,670 were in favour. Turnout was put at 62 per cent.

The Geneva initiative proposed that any foreigner who had lived in Switzerland for at least eight years should be allowed not only to vote on communal matters, but also to stand for election. The move would have benefited almost 70 per cent of the foreign population in Geneva.

A similar initiative was rejected by 71 per cent of the canton’s voters in June 1993, denting Geneva’s reputation as the Swiss canton most open to the outside world.

Some 40 per cent of the population of canton Geneva and over 50 per cent of the working population are foreign.

Only one other canton, Jura, allows foreigners to stand for local office, while two others, Neuchatel and Appenzell Ausserrhoden, permit them to vote in local elections.

Virtually all the political parties represented in the Geneva cantonal parliament support greater integration, but opponents of the initiative believed it went too far too quickly.

"It has to be a gradual process. We cannot jump from nothing to a situation where a foreigner is treated like a national citizen," said Michel Halpérin, leader of the Liberal group in the regional parliament.

The Geneva vote will be seen as a barometer by the federal authorities, which recently proposed giving automatic citizenship to third generation foreigners.


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