Autonomismes et autodétermination en Allemagne

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Autonomismes et autodétermination en Allemagne
 

En 1785, un richissime baron rhénan, "Anarchasis" de Cloots, prôna l'annexion à la France de la Rive gauche du Rhin au nom de la doctrine des "frontières naturelles" (en l'occurrence "la borne naturelle des Gaules !") dans un ouvrage initulé "Voeux d'un Gallophile" (Harouel 1997:11).

Le régime révolutionnaire français créa diverses "républiques-soeurs" (Harouel 1997)  dans les territoires occupés par ses armées à la fin du XVIIIème siècle, notamment la République cisrhénane, annexée par le France en novembre 1797 (officiellement le 25 décembre 1797) et transformée par Napoléon en Confédération rhénane en 1801. De telles politiques furent copiées par la suite en 1914-18 par l'Allemagne (Flandre, Lituanie), et en 1938-45 par l'Allemagne (Bohème-Moravie, Slovaquie, Croatie, Serbie etc.), l'Italie (Principauté du Pinde en Grèce) et le Japon (Etats Chan de Birmanie e.a.), d'autres (Royaume-Uni, France) se contentant de promesses oubliées après la victoire (Empire arabe, Arménie, Kurdistan, etc., sauf la Déclaration Balfour).

Après l'Armistice de 1918, une partie de l'Allemagne fut occupée par les troupes des vainqueurs (France, Royaume-Uni, Etats-Unis etc.). Un mouvement séparatiste prit forme et organisa des soulèvements à Düsseldorf, Bonn, Koblenz, Wiesbaden et Mainz et, le 22 octobre 1923, fut proclamée à Aachen (Aix-la-Chapelle) une "République du Rhin" (une première tentative avait eu lieu à Wiesbaden le 1er juin 1919 par Hans Dorten, un homme d'affaires qui avait failli passer en cour martiale vers la fin de la guerre pour avoir critiqué l'Empereur), composée de trois entités fédérées (Nord, Sud et Ruhr, avec pour capitales respectives Aachen, Coblenz et Essen) qui ne survécut que jusqu'en février 1924, Dorten devant se réfugier en France. Il est généralement admis que la France a soutenu (et, d'après certains, inspiré) ce mouvement  peu soutenu par la population et qu'il n'y a été mis fin que sous la pression des autres Etats occupants.

L'occupation prit fin en 1930, et en 1936 le statut de zone démilitarisée fut unilatéralement dénoncé par Hitler, sans réactions autres que verbales de la part des autres Etats. Ce dernier épisode est généralement considéré comme la première étape, avec le soutien militaire du régime nazi allemand et du régime faciste italien aux putschistes espagnols, puis l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1938, de la démission des puissances démocratiques face au bellicisme nazi.

Pierre-Yves Lambert 14 juillet 2001

ouvrage cité

Jean-Louis Harouel, Les républiques soeurs, Paris, Presses Universitaires de France, coll. Que sais-je ?, 1997 (en particulier pp.30-34)

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