Le droit de vote des étrangers en Suisse

Droits électoraux des résidents étrangers et binationalité dans le monde

Ethnicité et élections - La participation politique des allochtones (personnes d'origine étrangère) en Allemagne - en Belgique - au Danemark - en Norvège - aux Pays-Bas


Liens vers d'autres sites






 

Droits politiques des étrangers: l'immigration et la démocratie en question
4. Perspectives internationales

par Marc Moulin

 

L'un des principaux arguments de ces partis contre l'octroi de droits politiques aux étrangers était celui de la réciprocité. Il ne s'agit donc plus ici d'un argument de type nationaliste (une forme d'idéologie où prévaut l'irrationnel), mais bien de type à la fois juridique et politique. Michel Balestra, actuel président du parti libéral genevois et, à l'époque, président de la commission parlementaire des droits civiques, lie cette exigence d'une réciprocité à un principe d'équité : pourquoi la Suisse devrait-elle accorder le droit de vote à des ressortissants de pays qui n'accordent pas ces mêmes droits aux Helvètes résidant sur leur territoire ? "On comprend bien le principe, rétorque Antonio Hodgers, le président du parlement des jeunes de Meyrin, mais quelle ville peut se vanter d'avoir autant d'étrangers que Genève, et de le vivre aussi bien ? Nous sommes à l'avant-garde parce que nous avons de l'argent, et nous pouvons de ce fait promouvoir plus d'activités sociales et culturelles. L'intégration des étrangers est bonne à Genève, comparée à d'autres pays, et si nous donnons ce droit de manière avant-gardiste, on ne peut pas demander à tous les pays du monde de suivre l'exemple du jour au lendemain. Il faut bien que quelqu'un se lance."

Toutefois, le besoin d'équité ne semble pas être l'élément prépondérant dans l'argumentation des partis de droite : en effet, à notre connaissance, aucune motion n'a été à ce jour déposée par les partis de l'Entente pour accorder le droit de vote aux résidents suédois en Suisse, ce qui serait pourtant logique dans une perspective d'équité, puisque la Suède donne ce droit aux étrangers - notamment suisses - établis sur son territoire. La réciprocité réclamée par les milieux de droite s'inscrit donc dans une perspective plus politique que strictement juridique, liée à un engagement pro-européen. La reconnaissance mutuelle de droits civiques doit s'inscrire, pour Michel Balestra, au sein d'un "projet politique commun" : celui de la Communauté Européenne, en premier lieu, même si le député libéral pourrait imaginer, à plus long terme, des accords au niveau mondial entre les grands groupes constitués, au niveau mondial. Mais la logique actuelle de la droite semble bien rester celle de la politique des trois cercles. Il s'agit là, selon certains milieux de gauche, du risque inhérent au projet européen : celui d'une fermeture de l'Europe au reste du monde. Ce qui importe le plus, aux yeux de Michel Balestra, c'est que la question des droits civiques des immigrés ne soit pas réglée par une décision unilatérale d'un pays, mais procède, au contraire, de négociations internationales débouchant sur une réglementation homogène. Ce qui semble effectivement souhaitable mais risque de prendre un certain temps...


1. Les jeunes remettent ça
2. Les métamorphoses d'un vieu débat
3. Les partis pris en Suisse. "Maîtres chez nous"
4. Perspectives internationales
5. Un vote différent?
6. Intégration et naturalisation
7. Multinationalité et naturalisation automatique?
8. Le coeur et la raison
9. Echecs et évolutions
10. Vox Populi






plan du site site's map * contact *