Le droit de vote des étrangers en Suisse

Droits électoraux des résidents étrangers et binationalité dans le monde

Ethnicité et élections - La participation politique des allochtones (personnes d'origine étrangère) en Allemagne - en Belgique - au Danemark - en Norvège - aux Pays-Bas


Liens vers d'autres sites






 

Droits politiques des étrangers: l'immigration et la démocratie en question
3. Les partis pris en Suisse. "Maîtres chez nous"

par Marc Moulin

 

Les enjeux du débat en Suisse sont relativement complexes car ils sont composés de paramètres de plusieurs ordres, allant du juridique à l'émotionnel, en passant par le politique. Sur ce dernier point, la discussion dans notre pays présente en outre certaines particularités dues à sa constitution confédérale et à sa non-adhésion à la CEE. Un premier axe divise d'un côté les partisans d'une intégration des étrangers - dont nous verrons les modalités proposées selon les diverses allégeances politiques -, et, d'un autre côté, les défenseurs extrémistes de la souveraineté et identité nationales. Le discours de ces derniers fonctionne sur un leitmotiv : "rester maîtres chez nous". Il s'agit d'une politique de repli, plus ou moins teintée de xénophobie, nourrie de fantasmes et de peurs de la différence de l'étranger, surtout quand celui-ci a tendance à être... trop étranger : "Il est certain que la peur la plus forte que nous avons ressentie de la part des gens lors de nos campagnes était par exemple celle de voir un Noir siéger à l'Exécutif ou un Musulman venir dicter ses lois, se rappelle Pilar Ayuzo, permanente au Centre de Contact Suisse-Immigrés, une des associations mandataires de l'initiative "Toutes citoyennes, tous citoyens". Mais ce sont des fantasmes. L'histoire de l'humanité est aussi faite de fantasmes... et de dépassement de ces fantasmes, de ces peurs. On ne peut rien contre cela... Est-ce que le fait que quelqu'un venant d'une culture "très différente" peut influencer ta propre force dans un système démocratique fort ? Ce n'est pas possible. Il faut être soi-même très insécure pour le croire; quand on n'a pas confiance en soi-même, on n'a pas confiance en l'autre. La Suisse a du mal à se souvenir qu'historiquement elle a été bâtie de beaucoup d'éléments extérieurs."

Les peurs évoquées par Pilar Ayuzo, liées à la problématique identitaire suisse, sont certainement une des explications au refus massif des initiatives en faveur des droits civiques des étrangers soumises pendant les années 90 au verdict du peuple. Mais, à Genève, quelques mois avant d'avoir balayé à une majorité écrasante deux initiatives allant dans ce sens, le peuple genevois s'était en revanche prononcé en faveur de l'entrée de la Suisse dans la CEE. Or, si cette adhésion avait été acceptée par le peuple suisse, elle aurait impliqué l'octroi de droits civiques locaux aux immigrés d'origine européenne, ce qui n'a pas semblé poser de problème aux Genevois... Est-ce un paradoxe ? Il semblerait en fait que le racisme latent propre à l'idéologie d'extrême-droite n'explique pas la massivité du refus. Le peuple genevois s'est en fait aligné dans ses options sur les consignes de vote données par les partis de droite plus modérée (radicaux, libéraux et démo-chrétiens).


1. Les jeunes remettent ça
2. Les métamorphoses d'un vieu débat
3. Les partis pris en Suisse. "Maîtres chez nous"
4. Perspectives internationales
5. Un vote différent?
6. Intégration et naturalisation
7. Multinationalité et naturalisation automatique?
8. Le coeur et la raison
9. Echecs et évolutions
10. Vox Populi






plan du site site's map * contact *