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La participation politique des allochtones en Belgique
Sevket TEMIZ
2000 candidat PRL (élu) sur la liste PRL-FDF à Schaerbeek
2003 candidat MR-PRL aux élections fédérales (5ème suppléant pour la Chambre à Bruxelles-Hal-Vilvorde, il obtient un des plus mauvais scores de la liste)
Elections 2000

Elections 2003
candidat MR aux élections 2003 (5ème suppléant pour la Chambre à Bruxelles-Hal-Vilvorde)
http://www.mr.be/elec2003/detail.cfm?id_cand=153 (page accédée le 12/04/03)
Chères Citoyennes, Chers Citoyens, Aujourd’hui, partout à travers la planète bleue que nous chérissons tous au plus profond de nous-même, on assiste à un mal de vivre qui anéantit nos destinées et dont les causes sont multiples. Chaque personne a sa recette, sa formule ou plutôt son idée pour l’avenir et le devenir de tout un chacun. Personnellement je n’ai pas de solutions miracles dans ma lampe d’Aladin, mais je crois qu’avec votre aide, tous ensemble, nous pouvons partir à l’aventure sur le chemin du bonheur, celui de la reconquête de l’Homme par lui-même. Pour l’heure, je pense pouvoir vous aider, même si c’est infime par rapport à vos attentes et désirs, et ce de la manière suivante : en bas de la pyramide, je mettrais la tolérance et le respect de chacun, base indispensable, ensuite je construirais à l’étage supérieur une citoyenneté active, responsable et démocratique, fondée sur la libre entreprise s’accompagnant d’une justice sociale et enfin à la pointe, l’idéal du plein emploi. Pour embellir la façade et donner un rayonnement à cette œuvre humaine, je confierais la clef de l'édifice aux femmes et aux jeunes.
Mes priorités :
Contacter le candidat
Adresse Rue Gauche Ret, 183
1030 BRUXELLES
GSM 0477/950.916
Courriel sevket.temiz@biac.be
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" Je pense que le MR perdra encore les élections "
Sevket Temiz, conseiller communal MR à Schaerbeek, est l’un des membres influents de l’association EYAD, regroupant principalement des personnes originaires de la localité anatolienne d’Emirdag, qui l’a activement soutenu lors des dernières élections communales (2000) et fédérales (2003).
La trajectoire politique de Sevket Temiz se résume en réalité à une histoire sans fin de déceptions. Exemple ? Sa première activité politique remonte à la campagne régionale de 1999 pour soutenir Ramazan Koyuncu… 64e candidat socialiste (1.812 voix – non élu). Déçu, comme ses amis d’Eyad, de l’attitude du Parti Socialiste (PS) à l’égard de la communauté turque, il décide de rejoindre le parti de droite PRL (Parti Réformateur Libéral) lors des élections communales de 2000 et, bingo, Temiz décroche un siège au Conseil communal de Schaerbeek. Apprécié par ses collègues non-turcophones du Conseil communal, Sevket Temiz a une personnalité relativement discrète et consensuelle.
Fortement mis sous pression par le camp de son opposant socialiste lors du scrutin fédéral de 2003, il devra aussi se battre en interne contre son président de parti, Daniel Ducarme, qui tient en pleine campagne des propos polémiques à l’égard des allochtones (" l’intégration est un échec ", " islam = danger "). Bataille interne, bataille externe, l’homme s’épuise pendant un long moment…
Pas grave, la campagne fédérale ne sera considérée finalement que comme un échauffement pour les régionales de 2004 et Temiz tiendra bon jusqu’au bout. Après son petit résultat en 2003 (2.516 voix) qui le relègue de la 6e à la 11e suppléance, il accusera surtout le choc de ne plus figurer sur les listes aux régionales. C’est à nouveau la grosse déception. Que faire ? Il songe un moment à suivre la trajectoire gagnante de son collègue schaerbeekois, Emin Özkara (ex-LB, actuel conseiller et député PS), mais le député-fixeur n’arrive pas à lui décrocher l’entretien fatidique avec sa locale pour permettre le recyclage dans l’écurie socialiste. En attendant, Temiz prépare son équipe pour les futures échéances communales.
Mais finalement, ce transfert raté ne fera-t-il pas son bonheur passager ? En effet, avec sa 11e suppléance libérale à la Chambre des Représentants, Sevket Temiz dans les starting-blocks est à trois pas de siéger au Parlement belge… juste après François van Hoobrouck d'Aspre (bourgmestre de Wezembeek-Oppem et conseiller provincial du Brabant flamand) et la 10e suppléante Dominique Dufourny (conseillère communale à Ixelles).
[MK]
Entretien avec Sevket Temiz (MR)
MK : Bon, je veux essayer de comprendre. Vous avez donc participé aux dernières élections…
Sevket Temiz : Non, j’ai participé aux élections de 2003 dans le but de me présenter aux élections de 2004. Alors qu’ai-je fait ? Un travail social, un travail de partenariat entre la communauté et le MR. Si je me suis engagé dans le MR, c’était pour apporter quelque chose de concret et comme chaque être humain, j’étais en position pour avoir un poste comme élu turc au niveau régional. Et on me fait une promesse…
MK : Qui vous fait une promesse à l’époque ?
Sevket Temiz : Daniel Ducarme me fait cette promesse. Il me dit : ‘Voilà, tu seras le premier député d’origine turque’. Et on fait un voyage ensemble à Emirdag en 2001. Alors, en 2003, juste après les élections fédérales, il m’invite dans un groupe de réflexion à la rue de Naples. Ducarme était encore Président de parti à l’époque. Je siège donc dans la commission économique de réflexion. Février 2003, coup de théâtre, Daniel Ducarme démissionne mais moi je continue ma campagne en me basant sur la promesse antérieure. Deux semaines plus tard, la liste régionale est publiée et je vois que je ne suis pas sur la liste. Je cours à gauche et à droite pour avoir des renseignements et on me répond que c’est simplement un problème de parité femme-homme. Je regarde bien la liste et je vois que c’est finalement un Marocain et un Vietnamien qui se retrouvent sur la liste et que donc ce n’est pas vraiment un problème de parité. On me dit ensuite que c’est la faute de Ducarme qui m’aurait promis beaucoup et que le nouveau Président régional, Jacques Simonet, préfère changer de stratégie. Je précise qu’il n’y avait pas de candidat MR de la locale de Schaerbeek sur la liste. Bref, je n’arrive pas à avoir une réponse claire à ce sujet. Je me suis alors senti abandonné après 5 ans de travail de terrain après avoir fait environ 2.600 voix en tant que suppléant, ce qui est quand même un bon résultat pour une première campagne fédérale. Suite à cela, des amis du PS m’invitent à une réflexion car Simonet, je le reconnais, c’est vraiment la droite du MR.
MK : Pourquoi ?
Sevket Temiz : Ecoutez, Simonet dans ses déclarations politiques fait toujours allusion à la sécurité, moi je dis que ce n’est pas le quotidien des gens et qu’il faut plus parler de l’emploi et du logement. [ndlr page de campagne du candidat Temiz en 2003: "Mes priorités : (...) Faire respecter, partout et par tous, les droits et les devoirs de chacun et de supprimer toutes les zones de non-droit. C'est pourquoi la sécurité est primordiale : elle est un préalable à la réussite de l'intégration"] Et puis, ne l’oublions pas, Simonet est la personne qui a déjà invité à l’ULB Jean-Marie Le Pen d’après l’information que j’ai reçue.
MK : De qui ?
Sevket Temiz : De l’entourage, je n’aime pas dire les noms … mais pouvez-vous ne pas écrire cela ?
MK : Non mais on va quand même continuer. Daniel Ducarme vous a quand même fait du tort lors de la campagne 2003 avec son " islam=danger ", non ?
Sevket Temiz : Non, non… il a répété lors d’un congrès que c’était le journaliste qui avait fait une erreur en rapportant ses propos et d’ailleurs j’étais à l’époque le seul candidat MR qui avait protesté contre ses propos.
MK : Oui, vous aviez même fait une lettre que vous aviez collé dans les cafés turcs bruxellois, c’est ça ?
Sevket Temiz : Oui pour dire qu’il revenait sur ses propos en répétant que le journaliste les avait mal interprété.
MK : Mais on peut dire que Daniel Ducarme était aussi quelqu’un de droite, non ?
Sevket Temiz : Non, Daniel Ducarme était, à ma connaissance, le premier politique à s’ouvrir aux allochtones bruxellois.
MK : Il était à la gauche du MR ?
Sevket Temiz : On va dire qu’il était au centre du MR. Vous savez au parti, il existe des gens de gauche mais aussi des gens qui ont la nostalgie de l’époque de Jean Gol. La stratégie se résume à dire qu’il faut laisser les voix allochtones aux autres partis et tenter de récupérer les voix qui se portent sur le Vlaams Belang. Moi, je suis tout à fait contre cette vision.
MK : D’où la fracture entre vous et votre parti…
Sevket Temiz : Voilà. Il y a eu toute la négligence pour les régionales, ils n’ont même pas répondu à l’attente des candidats sur la liste. Très concrètement lors des élections de 2004, le MR n’a pas joué dans la communauté turque. Le parti n’a pas investi, il ne pouvait pas rayer des candidats qui sont reconnus.
MK : Reconnus par qui ? Vous n’êtes pas vraiment connu…
Sevket Temiz : N’oubliez pas que j’étais candidat en 2003. D’ailleurs même les autres candidats d’origine turque, comme Emir Kir, étaient étonnés de voir que je n’étais pas sur les listes.
MK : Ils étaient contents alors puisque vous étiez des concurrents.
Sevket Temiz : C’est normal qu’il existe des rivalités étant donné que nous sommes dans des partis différents. C’était un débat démocratique mais nous n’étions pas non plus des ennemis.
MK : C’était quand même plus que des rivalités. Un peu comme le combat Özkara-Kir pour 2004, non ?
Sevket Temiz : Ce sont deux candidats du même parti et ils ont un problème en interne. Nous étions dans des partis différents donc vous ne pouvez pas vraiment comparer.
MK : Avez-vous encore des contacts avec ces deux élus ?
Sevket Temiz : Rien, pas de contact avec Kir. Ce qui ne veut pas dire que je n’approuve pas certaines démarches de Kir comme sa position sur le génocide arménien. J’approuve sa position en disant que ce n’est pas une compétence régionale ni même nationale ou européenne. C’est une question… historique. Donc ce sont les historiens qui doivent prendre le relais des politiciens. Ce n’est pas au niveau régional qu’on doit attaquer un ministre ou un secrétaire d’Etat par rapport à ses origines. Ici le MR, de par sa vision d’hostilité vis-à-vis de la communauté turque, fait une grosse erreur et ne fait que renforcer sa vision en quelque sorte.
MK : Vous parlez aussi comme lui de " prétendu génocide arménien " ?
Sevket Temiz : Non, non, non… pas de génocide. Il n’y a pas eu de génocide. Qu’on me traite de négationniste ou de ce qu’on veut, je dis que ce n’est pas aux politiciens aujourd’hui au niveau local ou régional de dire cela à la Turquie parce que ça n’a pas été reconnu par les Nations Unies. La Turquie fait toujours appel aux historiens de tous les pays pour venir débattre de cette question. Ce n’est pas parce que la Belgique demande de reconnaître ce terme que la Turquie doit automatiquement le reconnaître. On n’a jamais pu démontrer que l’Empire ottoman avait commis un génocide, aucun historien n’a pu démontrer cela.
MK : Revenons au niveau des partis. Vous aviez essayé d’aller au PS, dites-vous ?
Sevket Temiz : Non, non, non… Après maintes réflexions, j’ai effectivement eu des contacts. Je ne nie pas avoir eu des contacts. J’ai eu des contacts avec un candidat d’origine turque [ndlr : le député régional Emin Özkara] que je pensais être sincère dans ses déclarations. Il m’a fait attendre 6 à 7 mois. Il devait m’avoir une entrevue avec son président de section. J’ai simplement dit qu’on allait discuter mais c’était plus un coup de tête, une réflexion non mure et je me disais qu’on irait voir le PS pour discuter pas pour être sur les listes. Je n’ai jamais démissionné du MR et je reste au MR mais je critiquerai toujours le MR pour ses déclarations injustes ou pas correctes. Tant que le parti ne travaillera pas d’une manière rationnelle avec les nouveaux électeurs, je pense que le MR perdra encore les élections.
MK : Et votre avenir en politique ?
Sevket Temiz : Je serai candidat aux élections de 2006, je construis mon équipe à Schaerbeek pour le MR. Je resterai au MR si le parti organise au son sein un débat démocratique… Je pense que c’est dans ce parti qu’il faut combattre les gens qui sont contre les étrangers. Je suis le seul étranger, et je n’ai pas honte de le dire, qui a envoyé des mails sur le site du MR en disant que c’était une erreur catastrophique que des députés ou des ministres s’opposent à la candidature de la Turquie alors que les critères de Copenhague ne reprennent pas le génocide arménien. Donc, tant que les critères de Copenhague ne mentionnent pas ce sujet, ce n’est pas à quelques députés de relancer l’affaire afin d’avoir quelques voix de la communauté arménienne.
MK : Pensez-vous avoir une place sur la liste MR à Schaerbeek ?
Sevket Temiz : Je pense que oui, j’aurais une place sur la liste MR et d’ailleurs j’ai déjà négocié avec ma section pour une place.
MK : N’avez-vous pas peur de compter à nouveau sur des promesses politiques ?
Sevket Temiz : Je ne sais pas, c’est vrai qu’ils promettent un peu tout en politique mais je vous pose la question : n’avez-vous pas envie de me voir sur la liste lors des prochaines élections ?
Propos recueillis par Mehmet Koksal
On 27/03/2005 at 22:41 Sevket Temiz <sevket.temiz@skynet.be> wrote:
mehmet je te remercie pour l'objectivite et ta promese tenue lors de notrre entrevue, tu as ete tres correcte et te remercie
bien à toi
http://www.vivacite.be/rtbf_2000/bin/view_something.cgi?id=0160001_sac
Radio Vivacité - Journal régional de Bruxelles - lundi 04/04/2005 06h30
(ndPYL le sujet n'a pas été repris dans les deux éditions suivantes, à 07h30 et 08h30)
(2ème titre après la mort de Karol Wojtyla)
"Un élu MR d'origine turque avoue ne pas reconnaître le génocide arménien, une position qui met son parti dans l'embarras."
"Le site internel suffrage-universel.be fait à nouveau l'actualité. Un élu schaerbeekois d'origine turque, Sevket Temiz, membre du MR, déclare en effet ne pas reconnaître la réalité du génocide des Arméniens par l'Empire Ottoman en 1915. Un propos qui vaut au conseiller communal d'être fermement rappelé à l'ordre."
Philippe Carlot: "Récemment, en commission du parlement bruxellois, le député et sénateur MR François Roelants du Vivier avait reproché au secrétaire d'Etat socialiste Emir Kir de ne pas reconnaître le génocide arménien, ou à tout le moins d'adopter sur cette question une position ambiguë. Les propos de Sevket Temiz, élu communal schaerbeekois membre du MR, n'ont eux rien d'ambigu. L'intéressé se refuse à parler de "génocide arménien". Sevket Temiz l'a dit, et nous a confirmé l'avoir bien dit au journaliste Mehmet Koksal, co-animateur du site internet "Suffrage Universel". Réaction de François Roelants du Vivier."
François Roelants du Vivier: "Si ces propos sont exacts, je les condamne évidemment de la façon la plus formelle. Parce que, qu'il s'agisse de quelqu'un appartenant à ma formation ou à une autre formation, nier l'évidence est absurde et scandaleux."
Philippe Carlot: "Vous allez demander aux instances du MR de se pencher sur le cas de cet élu schaerbeekois ?"
François Roelants du Vivier: "C'est clair que s'il s'agit de quelqu'un qui a tenu ces propos dans ma formation, je demanderai bien entendu au président, Monsieur Simonet, de faire l'enquête nécessaire sur ces propos, et s'il le faut de prendre les sanctions nécessaires aussi."
Philippe Carlot: "Sevket Temiz avait sollicité l'interview pour lancer sa candidature aux prochaines élections communales à Schaerbeek. Une candidature désormais bien compromise."
http://roelantsduvivier.be/ (site du sénateur MR François Roelants du Vivier, accédé le 04/04/2005)
Voici quelques jours, un conseiller communal MR, suivant un Secrétaire d'Etat PS, a déclaré au sujet du génocide arménien (un million et demi d'Arméniens ont été massacrés par l'empire ottoman entre 1915 et 1924): "Il n’y a pas eu de génocide. Qu’on me traite de négationniste ou de ce qu’on veut, je dis que ce n’est pas aux politiciens aujourd’hui au niveau local ou régional de dire cela à la Turquie parce que ça n’a pas été reconnu par les Nations Unies. La Turquie fait toujours appel aux historiens de tous les pays pour venir débattre de cette question. Ce n’est pas parce que la Belgique demande de reconnaître ce terme que la Turquie doit automatiquement le reconnaître. On n’a jamais pu démontrer que l’Empire ottoman avait commis un génocide, aucun historien n’a pu démontrer cela."
De tels propos, s'ils sont avérés, sont scandaleux. Mais ils reflètent aussi une attitude identique des autorités turques, qui se refusent à faire le travail de mémoire indispensable sur le passé de leur pays.
C'est probablement ce qui pousse des élus belges d'origine turque à adopter un comportement en phase avec la version officielle du gouvernement turc, version partagée apparemment par une grande majorité de la communauté d'origine turque en Belgique.
Quoiqu'il en soit, le Sénat a, en 1997, reconnu le génocide arménien, tout comme le gouvernement qui l'a répété récemment par la voix du ministre des affaires étrangères. Et le Sénat, toujours lui, a mis comme l'une des conditions à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, cette même reconnaissance. La démocratie belge a parlé, et chacun ferait bien de s'en inspirer au lieu de verser dans un négationnisme aux relents électoralistes.
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