La Meuse (Liège) 29/09/00  

Un pasteur noir sur la liste PSC

 

M ieux vaut perdre les élections que perdre son âme!» Cette parole, attribuée à un homme politique français, fait partie des réflexions, parfois ironiques, d'un candidat PSC liégeois plutôt atypique. Maxime Kaboré (34 ans) est pasteur et croit dur comme fer à un bon résultat aux élections communales du 8 octobre. Prédicateur à l'église évangélique de la rue Lucien Defays, à Verviers, le révérend Kaboré est directeur de l'Armée du Salut, rue Grétry, à Liège. Il est d'origine africaine et de nationalité française. Licencié en psychologie, titulaire d'une maîtrise en théologie, Maxime Kaboré habite Wandre, où il vit avec son épouse, une Française qui est avocate, et ses quatre enfants (trois garçons et une fille). Il a l'intention de créer un comité de quartier à Wandre, réunissant des habitants de la rue Bastin et des environs.

Maxime Kaboré n'est pas salutiste. C'est-à-dire qu'il ne s'inscrit pas dans la structure habituelle de l'Armée du Salut. Il ne porte donc ni uniforme, ni grade. Il y travaille comme contractuel, subventionné par la Région wallonne, tout en précisant qu'il ne mélange pas sa situation de pasteur avec sa fonction de directeur de l'Armée du Salut. Cette Église, surtout connue pour son action caritative, est dirigée à Liège par un chef de poste, également installé rue Grétry. Maxime Kaboré dirige une équipe qui prend en charge une trentaine de pensionnaires, dont plus de 50 % sortent de prison. «Si je suis candidat, c'est parce que je prends un engagement citoyen. Je veux être la voix des défavorisés. Si je suis au PSC, c'est que j'ai fait mon choix. D'autres formations, comme Écolo, ont une dimension sociale qui m'intéresse, mais le PSC privilégie la personne. Je veux me faire élire pour mes compétences, pas par commisération ou par charité fictive. Je suis aussi au PSC parce que j'ai rencontré Michel Firket. Il y a trois ans, j'ai demandé à l'échevin de l'Environnement s'il pouvait faire participer des résidents de l'Armée du Salut aux opérations de nettoyage dans le quartier du Longdoz». Effectivement, plusieurs opérations ont eu lieu. Elles ont eu des prolongements: deux résidents de l'A.S. ont été engagés à la Ville de Liège. Deux autres personnes aidées par M. Kaboré ont été intégrées dans les équipes de nettoiement de la Ville.

Luc CAUCHETEUX