www.suffrage-universel.be
Elections 2003
Bob KABAMBA
conseiller CPAS à Dour (Hainaut) depuis 2001
candidat Ecolo aux élections 2003 (2ème efectif au Sénat)
http://www.ecolo.be/VIP/kabamba/defaut.html (page accédée le 12/04/2003)
Bureau
- Régionale ECOLO de Mons :Désireux d'œuvrer pour une société plus juste, plus solidaire, plus attentionnée pour les hommes et femmes qui la composent, j'ai souhaité poursuivre mon engagement politique autrement, notamment, en passant du côté des décideurs politiques pour disposer d'outils permettant de résoudre des absences, des faiblesses ou des omissions constatées sur le terrain. Faire de la politique active afin de passer de l'état de projet à l'état d'action, tel est mon moteur de motivation.
http://www.ecolo.be/VIP/kabamba/cv.html
Né à Bukavu (Congo) le 27 juillet 1967
Marié et père de 2 enfants
AG Ecolo: Bob Kabamba crée la surprise
© BELGA LIEGE 23/11 Mis en ligne le 23/11/2002 à 14:46
- - - - - - - - - - -
Un Hennuyer d'origine congolaise, Bob Kabamba, a créé samedi la surprise
lors de l'assemblée générale d'Ecolo. Il occupera la deuxième place sur la
liste du parti pour le Sénat aux prochaines élections derrière la ministre
de la Mobilité, Isabelle Durant. Les militants d'Ecolo ont désigné au 1er
tour Isabelle Durant à plus de 80 pc des voix pour tirer la liste. Alors que
tout le monde attendait un duel entre l'actuel sénateur Josy Dubié et le
député wallon Philippe Henry pour décrocher la deuxième place, c'est
finalement l'outsider Bob Kabamba qui s'est imposé après trois tours de
scrutins. L'homme est marié et père de deux enfants. Il est né en 1967 à
Bukavu dans l'est du Congo et est arrivé en Belgique en 1987. Il a étudié à
l'univeristé de Liège où il est chargé de cours en géopolitique de l'Afrique
subsaharienne. Il vit à Dour. Sympathisant de longue date des Verts
francophones, il a rejoint leurs rangs il y a trois ans. Ses terrains de
prédilection en politique sont les questions sociales et les relations
internationales. L'élection au Sénat d'un citoyen d'origine congolaise
représenterait une première dans l'histoire politique de la Belgique.
L'ex-secrétaire générale d'Inter-Environnement Wallonie, Thérèse Snoy
occupera la troisième place sur la liste et Philippe Henry, la quatrième.
(SCG)
Contact : fixe 065/633.706 (+32.65.633.706)ou portable 0478/275.347
(+32.478.275.347)
bur. 043/663.068 (+32.43.663.038) fax bur. 043/664.557 (+32.43.664.557)
e-mail bob.kabamba@skynet.be et Bob.Kabamba@student.ulg.ac.be
Pages de présentation de Bob Kabamba (avec photos):
http://www.ecolo.be/dour/bobkabamba.htm
http://www.ulg.ac.be/polgereg/Kabamba.htm
Le Soir en Ligne, le 25/11/2002, 07 h 29
Bob Kabamba sera sénateur Ecolo
PIERRE BOUILLON
S'il est élu (et il faudrait un désastre électoral pour qu'il ne le soit pas), Bob Kabamba sera, en juin 2003, le premier Belge d'origine congolaise à siéger au Parlement.
Réunie à Liège, samedi, l'assemblée générale d'Ecolo a choisi de le faire figurer à la 2e place sur sa liste pour le Sénat - la première ayant été confiée, sans surprise ici, à la ministre fédérale des Transports Isabelle Durant (par 84 % des voix contre Marc Jallet). Vivant en Belgique depuis 1987, habitant à Dour (Hainaut), docteur en sciences politiques (ULg), Kabamba est le coup de théâtre du week-end.
Les favoris pour la 2e place sur la liste sénatoriale étaient Josy Dubié (actuel sénateur) et Philippe Henry (député régional wallon). A la surprise de tous (et à celle de l'intéressé), Kabamba a raflé la mise. Six écologistes sollicitaient cette 2e place. Un premier tour a resserré la compétition sur trois noms. Un deuxième a éliminé Henry. Au troisième, Kabamba a pris l'avantage sur Dubié par 52,4 % contre 47,2 % (212 voix contre 191).
Ecolo mise sur 3 élus directs au Sénat. Kabamba est assuré de siéger dans la Haute Assemblée.
Dubié, donné gagnant jusqu'à samedi matin dans le duel annoncé avec Henry, est tombé de haut. Je suis déçu, admettait l'ex-journaliste RTBF. Mais je ne suis pas triste. Pendant le poll, Bob a eu la gentillesse de dire que je lui avais servi de modèle. J'espère que l'élève dépassera son maître.
Dès le " poll " achevé, les écologistes ont pressé Dubié de tout de même figurer sur la liste sénatoriale, à une place non " utile ", pour la faire profiter de son potentiel électoral. Il a décliné cette invite, jugée " paradoxale ". Il songe à se replier sur la liste bruxelloise pour la Chambre.
Si la 2e place de la liste est revenue à un candidat surprise, la 3e place a été attribuée à une candidate d'ouverture. Pas de surprise ici : comme le souhaitait l'état-major du parti, cette place utile a été dévolue à Thérèse Snoy (ex-Inter-Environnement Wallonie). La 4e place (non " utile ", sauf miracle…) est revenue à Philippe Henry.
La 1re suppléance a été confiée à Christophe Derenne, préféré à Brigitte Ernst (ex-secrétaire fédérale). En cas de reconduction de l'arc-en-ciel, Durant est promise à un ministère. Derenne sera alors sénateur. Leader de la contestation étudiante en 1994, organisateur des Assises de l'enseignement, cette éminence grise d'Ecolo a piloté les états généraux de l'écologie en 1996-97.
" Montrer qu'il y a des intégrations réussies "
PORTRAIT
PIERRE BOUILLON
VALÉRY SAINTGHISLAIN
Hilare, Bob Kabamba Kazadi l'est souvent. Parfois, la gorge se déploie pour laisser échapper un rire tonitruant. Un de ces jours, ce rire-là, franc et typiquement africain, secouera les rangs du Sénat. Kabamba, c'est moins la surprise du chef que celle mitonnée par la base Ecolo. Tiraillés entre Dubié et Henry, les verts rassemblés ce week-end à Liège ont préféré l'outsider, l'inconnu.
C'est dans cette Cité ardente que Kabamba a étudié la science politique. Licencié depuis 1992 de l'ULg, le diplômé a vite embrayé avec un doctorat. Sa thèse (" Interrégionalités des Grands Lacs africains : élaboration d'un modèle d'intégration régionale et son application à la région des Grands Lacs africains ") lui vaut même la plus grande distinction et un poste de collaborateur à l'unité de politologie générale et régionale de l'unif liégeoise.
Ce sujet me touchait de près, avoue pudiquement l'intéressé, né en 1967 à Bukavu (à l'est du Congo) et dont les parents ne sont plus là pour assister à la réussite. En spécialiste de l'Afrique noire, l'homme aura les honneurs d'un JT de la RTBF en janvier 2001, pour y analyser la situation congolaise après l'attentat meurtrier contre Kabila. Plus récemment, Kabamba est consulté par Jacky Morael, chargé de mission dans les Grands Lacs. Entre l'ex-patron d'Ecolo et le futur sénateur, le courant passe. Il se dit que, samedi, l'appui de Morael a joué.
Très vite après mon arrivée en Belgique, en 1987, je me suis senti proche de la mouvance Ecolo, raconte Kabamba. Mais c'est le Boussutois Michel Quenon qui m'a poussé à franchir le cap de sympathisant.
Permanent au secrétariat régional de Mons, il franchit le miroir aux communales d'octobre 2000. Dans l'entité de Dour, où il s'est installé dans le petit village de Blaugies par amour pour Anita (sa femme employée au Forem, spécialisée dans… l'environnement). Il ne recueille que 51 voix de préférence sur les 931 raflées par Ecolo !
Samedi à Liège, le conseiller au CPAS a bien progressé, récoltant, en interne il est vrai, 160 voix de plus pour doubler Dubié. Cette succession l'effraie un peu. Je suis vraiment surpris. Je ne m'y attendais pas. Je visais une suppléance en ordre utile.
Au fait, pourquoi sollicitait-il une place sur la liste sénatoriale ? Il n'y a pas que ça, bien sûr, mais j'ai entendu le discours de Daniel Ducarme, président du MR, sur l'échec de l'intégration. Je voulais démentir ça. Etre candidat, c'était montrer qu'il y a des intégrations réussies. C'était montrer que, sur le terrain, il y a des choses qui marchent !
Ce travailleur impénitent jure de retrousser les manches. S'il est élu, le père de famille (une fille, Yowali, et un fils, Hugo, un troisième étant attendu en mai) promet de se montrer digne de l'honneur qui lui est fait : être le premier sénateur noir à siéger dans le pays. Pour ce faire, il devra lâcher son poste de chargé de cours adjoint à l'ULg mais n'en oubliera pas pour autant les matières qu'il enseigne. La théorie de la décision et les modes de résolution des conflits, cela risque d'encore de m'être utile, plaisante Kabamba avant de partir dans un rire " hénaurme ".
Kabamba sera notamment pointilleux sur la coopération et sur les dossiers qui toucheront de près ou de loin l'Afrique. Les seuls en définitive à se réjouir seront les locataires des étangs de Roisin qu'il taquinait trop rarement lors de ses moments libres. Kabamba délaissera ce fretin-là pour ferrailler avec d'autres, bien plus costauds.·
Une forme de preuve
Il y a six jours, en nous livrant la liste des candidats au poll pour le Sénat, Ecolo n'avait même pas songé à donner le nom de Bob Kabamba, braqué sur la perspective d'un duel, pour la 2e place, entre Henry et Dubié. Pourquoi, comment, l'outsider a-t-il réussi à mater deux ténors du parti et raflé la mise ?
L'AG a d'abord écarté Henry, trop peu visible. L'ex-leader de la révolte étudiante est devenu député wallon. Il bosse dans l'ombre. Voilà une machine à voix que sa discrétion a étouffée.
Josy Dubié ? L'ex-journaliste RTBF avait pour lui un bilan (au Sénat, il a bossé), sa notoriété et un profil idéal pour la Haute Assemblée. Pénalisant : le fait, d'abord, d'être bruxellois. Pour beaucoup de militants, il fallait, derrière la Bruxelloise Durant, un Wallon. Gênant : bien des militants se souvenaient de sa promesse, en 1999, de n'assurer qu'un mandat (il sollicitait là son second). Ils l'ont pris au mot. Mécanique : figure de l'aile fondamentaliste, antiparticipationniste en 1999, sans complaisance pour l'action des verts au pouvoir, Dubié s'est privé des suffrages de l'aile pragmatique.
Kabamba a fait le reste. Inconnu du public, il s'était forgé une petite notoriété dans l'intimité du parti. Il représentait sa régionale au Conseil de fédération (le parlement d'Ecolo).
Il y a toujours, dans une AG Ecolo, un moment qui échappe à l'analyse rationnelle. Et il y a eu, samedi, un élan qui relève autant de l'émotionnel que du calcul politique. L'émotionnel, c'est un coup de cœur de principe pour le modeste en duel avec la pointure.
La raison politique, le calcul, c'est tabler sur l'impact médiatique fort d'une " première " : si Kabamba n'est pas le premier Belge d'origine congolaise à figurer sur une liste, il est sûr, lui, de siéger. Le calcul, c'est aussi ce qu'incarne Kabamba à l'heure où le MR a insinué l'intégration dans les thèmes de campagne, même si le futur sénateur, Congolais venu en Belgique pour y étudier la science politique, ne figure pas exactement le type d'immigration en débat. Il y a là, au fond, une insolence, un pied de nez à l'égard du discours libéral. Une forme de preuve, même si elle a ses limites.·
P. Bn
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=91202
Il est Noir. `Il n'y a pas que ça...´
PAUL PIRET
© La Libre Belgique 2002 Mis en ligne le 24/11/2002
- - - - - - - - - - -
Bob Kabamba serait le premier parlementaire belge originaire d'Afrique noire.
PORTRAIT
Il faisait plaisir à voir, samedi midi à Liège. Grand diable sorti de nulle part, ou d'ailleurs. Sourire éclatant. Comme étonné lui-même de son audace d'abord, de son succès ensuite. Mais déjà plein d'assurance. Passant d'accolades en accolades, de Jean-Marc Nollet (entre Hennuyers de souche ou d'adoption) à Josy Dubié, l'évincé déçu mais beau joueur (`comme quoi, lancera le sénateur sortant et sorti, il ne suffit pas d'avoir une grande gueule et d'être connu pour passer´).
Et connu, même du sérail vert, il ne l'est guère, Bob Kabamba. Même s'il s'en dit sympathisant de longue date; même s'il en est conseiller CPAS à Dour; même s'il est secrétaire reconnu dynamique de la régionale du parti à Mons. `Il n'y a qu'à Ecolo qu'on voit des coups pareils, spontanés, imposés par personne´, vous souffle, de fait, une parlementaire.
Donc, c'est la première fois qu'un Belge originaire d'Afrique noire, et congolais en plus (clin d'oeil de l'histoire), se trouve en place éligible. En clair, deuxième effectif au Sénat, il devrait être le premier parlementaire noir de Belgique... D'ailleurs, sans vouloir être désobligeant, mais quand même, on lui demande si sa couleur de peau n'a pas beaucoup joué dans le feu très vert de l'assemblée. L'intéressé n'élude pas, mais a sa dignité: `Il n'y a pas que ça. Je pense aussi que ceux qui me connaissent me reconnaissent des compétences.´ Ajoutant, sincère ou diplomate: `Que j'aie été retenu, c'est une surprise pour moi aussi. D'autant que Josy (Dubié) et Philippe (Henry) sont de fortes personnalités.´
Natif de Bukavu, 35 ans, en Belgique depuis 1987, marié (ah! un sourire très attendri quand il évoque son épouse), deux enfants, politologue diplômé à l'Université de Liège où il est chargé de cours, Kabamba va pouvoir passer de la théorie à la pratique. Quel a été le déclic? `J'ai été remonté par les déclarations de Daniel Ducarme sur le prétendu échec de l'intégration´, répond celui qui s'intéressera d'abord aux problèmes sociaux et internationaux. Ses origines vont-elles peser dans son futur probable mandat? `Mais je suis d'abord de culture belge! Comme tous les Liégeois, j'ai guindaillé dans le Carré et fait les fêtes du 15 août. D'ailleurs, j'aime bien me décrire comme immigré... liégeois à Dour. Mais pour autant, je ne renie pas ma culture d'origine.´
Il ne pourrait pas. Tard samedi à Liège, comme il sortait du resto, une bande d'Africains qui venait de le découvrir au JT lui a sauté au cou.
http://www.dhnet.be/dhinfos/article.phtml?id=55504
La Dernière Heure 25/11/2002
Bob Kabamba crée la surprise en emportant la deuxième place au Sénat
Christian Carpentier
LIÈGE
La batterie de son GSM frise son dernier râle. Abus de SMS et d'appels entrants. Depuis la veille, Bob Kabamba croule sous les félicitations. De militants Verts. De la communauté africaine. Ou même de son frère, journaliste à Bukavu, dans l'est du Congo, dont il est lui-même arrivé il y a quinze ans.Samedi, il est vrai, cet habitant de Dour de 35 ans, chargé de cours adjoint à la faculté de droit de l'ULg et père de deux enfants, a créé la surprise. Les militants d'Ecolo, au terme d'un scrutin en trois tours, l'ont préféré aux attendus Josy Dubié et Philippe Henry pour occuper la deuxième place sur la liste pour le Sénat. Il sera juste derrière Isabelle Durant, et devant Thérèse Snoy, ex-secrétaire générale d'Inter-Environnement Wallonie.
En 1999, les Verts avaient décroché trois élus directs dans la Haute assemblée. En juin, Bob Kabamba sera donc plus que probablement le premier Belge d'origine congolaise à faire son entrée au Sénat.
Dimanche, il avouait sa `grande surprise´ suite au vote, qu'il attribue à une envie des militants d' `innover´, tout en rappelant qu'Ecolo `a toujours beaucoup fait pour la promotion des personnes d'origine étrangère´. Il reconnaît que son élection ne sera pas une étape anodine. `Mais je ne suis qu'une petite goutte de la longue histoire commune de la Belgique et du Congo´, relativise-t-il.
`Les militants m'ont expliqué ne pas m'avoir seulement appuyé pour mes origines mais aussi pour mon discours et ce qu'ils pensent être mes compétences´, complète ce membre effectif d'Ecolo depuis 3 ans.
S'il conteste être un `Josy Dubié bis´, comme l'ex-journaliste le croquait amicalement dans nos éditions dominicales, il se fixe comme priorités de combat les questions internationales, mais aussi `la santé, le cadre de vie, le bien-être et l'emploi´.
La Meuse (Liège) 25/11/2002
Bob Kabamba a toutes ses chances: il sera deuxième sur la liste Ecolo en juin
Bob Kabamba, 35 ans, conseiller au CPAS de Dour en Hainaut épaulera Isabelle Durant sur la liste Écolo au Sénat pour les législatives du 15 juin prochain. Avec toutes les chances de devenir le premier sénateur noir de l'histoire de notre pays. Ainsi en ont décidé les militants écologistes ce week-end. Un plébiscite inattendu pour ce docteur en sciences politiques, chargé de cours adjoint à l'université de Liège et dont les ambitions sénatoriales sont toutes récentes.
"Ce qui m'a poussé à poser ma candidature ? Les propos tenus par Daniel Ducarme il y a quelques semaines. Lorsqu'il a affirmé que l'intégration en Belgique n'était pas une réussite, mon sang n'a fait qu'un tour. Ce fut comme un électrochoc. Subitement, j'ai eu envie de m'exprimer. De me donner en quelque sorte en exemple. Je veux démontrer que des gens d'origine étrangère peuvent s'investir corps et âme dans leur pays d'accueil. Servir la Belgique en y travaillant le mieux possible, c'est pour moi une joie et un honneur. Au-delà, ma vocation politique est avant tout sociale. Je suis sensible à la pauvreté, à la misère dans laquelle nombre de mes concitoyens sont plongés. C'est pour cela que j'ai rallié le CPAS de ma commune. C'est aussi pour cette raison que je défendrai la liste Écolo au Sénat ".
D'origine congolaise, Bob Kabamba a rallié la Belgique il y a 15 ans. À Dour et en Hainaut, il se sent chez lui. Mais, revenons au choix opéré par les militants Écolo qui l'ont désigné face à des ténors comme l'ex-journaliste de la RTBF Josy Dubié ou l'ancien leader estudiantin Philippe Henry (4e sur la liste). Comment Bob Kabamba analyse-t-il cette préférence ? " Je pense que mes compétences, notamment en matière de politique internationale, ont été jaugées. Par ailleurs, j'incarne une image forte pour le parti. Visuellement et symboliquement. Je suis noir, engagé dans le combat social. J'incarne un challenge, celui de la différence intégrée".
Enfin, notre interlocuteur évoque son goût pour les rapports humains chaleureux. À l'issue du vote et en marge de son éviction, Josy Dubié a néanmoins marqué sa satisfaction de passer le relais à Bob qu'il qualifie de " Dubié bis ", notamment au niveau des combats internationaux contre la misère… " Je suis très flatté, répond le principal intéressé Franchement, je me sens tout petit face à Josy. Les combats internationaux ? Oui, bien sûr. Mais la misère sévit dans notre pays aussi. Au-delà, je refuse de me laisser freiner par des images soigneusement entretenues qui envisagent le Hainaut comme un maillon faible, par exemple. Je prouverai qu'ici comme ailleurs, il y a des gens qui en veulent ".
Dans les mois qui viennent, Bob Kabamba va désormais travailler en coude à coude avec des femmes : Thérèse Snoy, ex-secrétaire générale d'Inter-Environnement Wallonie, qui occupe la troisième place sur la liste au Sénat et Isabelle Durant, en tant que leader. "J'ai énormément d'admiration pour elle. D'une façon plus générale, j'apprécie la sensibilité particulière que les femmes apportent dans le traitement de la chose politique. Elles sont efficaces. Très efficaces. "
MARTINE PAUWELS
Le Soir en Ligne, le 03/12/2002
Entre les lignes
A propos d'un éclat de rire
ÉRIC DEFFET
Médiateur du " Soir "
La désignation de Bob Kabamba comme deuxième candidat effectif sur la liste écolo pour le Sénat a été longuement évoquée dans " Le Soir " du 25 novembre. D'origine congolaise, le Dourois a déjoué tous les pronostics.
Le voilà candidat sénateur. Et sénateur tout court, suis-je tenté d'écrire. Vite dit ? Voilà un des travers du mode de scrutin proportionnel : l'élection se joue autant dans les coulisses des partis que dans les isoloirs. Kabamba, futur sénateur écolo, a titré " Le Soir " qui, en écho à une presse belge unanime, affirme encore qu'il sera le premier Belge d'origine congolaise à pousser les portes du Parlement.
Six mois avant les élections, tout est dit, sauf cataclysme électoral hautement improbable. Pour chaque parti, les journaux annoncent déjà les élus, les noms de ceux qui siégeront ou ne siégeront pas, les suppléants qui remplaceront les effectifs déjà actifs à d'autres niveaux. Je m'en voudrais de jouer les faux naïfs, mais n'y a-t-il pas là une perversion de notre système démocratique ?
A propos de Bob Kabamba, les réactions outrées de certains lecteurs ont pourtant été d'un tout autre ordre. Elles se sont focalisées sur le portrait que Pierre Bouillon et Valéry Saintghislain ont brossé de ce nouveau venu sur la scène politique : Hilare, Bob Kabamba Kazadi l'est souvent. (...) Un de ces jours, ce rire-là, franc et typiquement africain, secouera les rangs du Sénat, ont écrit les deux journalistes.
Pourquoi recourir à ce cliché digne de la propagande coloniale ?, s'insurge Nathalie Delaleeuwe, membre des associations Became et Congocultures. Ce reproche à l'égard de notre journal et de ses journalistes a été appuyé par des lecteurs d'origine africaine.
Comme en témoigne la photo publiée ce jour-là, la joie du candidat surprise fut communicative, au terme de l'assemblée générale d'Ecolo, à Liège. Bob Kabamba ne s'en cache d'ailleurs pas lui-même : J'assume mon rire, qu'il soit africain ou non ! Je n'ai aucun problème avec ça !, m'a-t-il expliqué.
Valéry Saintghislain, qui relate l'actualité de la région de Mons pour " Le Soir ", connaît bien ce candidat, ce qui lui a permis de nourrir son portrait de choses vues et de moments vécus : Pour avoir discuté souvent avec lui, je peux affirmer que ce rire est l'un des signes extérieurs les plus " remarquables " de sa personnalité, sans que cette constatation ne témoigne du moindre préjugé racial, ni de la moindre condescendance.
C'est l'expression " typiquement africain " qui a heurté nos interlocuteurs. Je rêve d'un monde où les hommes politiques d'origine africaine ne seront plus hilares, mais seulement compétents et possédant une vision politique, souligne Nathalie Delaleeuwe. Il se trouve qu'il y a des Africains qui ne rient pas. Nous avons à cœur de surmonter toutes ces images inconscientes qui persistent dans nos têtes, y compris la mienne, et qui nous empêchent de voir l'être humain.
Ce qu'un lecteur, Djo Mwamba, qui nous a écrit des Etats-Unis, résume en une formule forte : La personne de Bob Kabamba ne peut se réduire à ce qui est " typiquement africain ".
Les deux journalistes ont poussé l'analyse beaucoup plus loin : ils ont largement évoqué dans leur article le parcours universitaire et professionnel de Bob Kabamba, son engagement politique et les dossiers sur lesquels il compte s'investir. Comme " Le Soir " l'aurait fait, somme toute, pour tout inconnu déboulant avec fracas dans un paysage politique très convenu.
M. Mwamba soulève néanmoins une question pertinente : En tant qu'Africains ou Congolais, nous nous réservons le droit d'exiger une sensibilité renouvelée de la part d'un journaliste du " Soir " (...) afin de mieux favoriser l'épanouissement des relations belgo-congolaises. On touche au fond du problème : dans le métier que nous exerçons, une expression un peu rapide, un mot ambigu ou une plaisanterie malvenue peuvent heurter certains lecteurs, plus sensibles que d'autres à telle ou telle réalité. Il n'y a pas d'intention de nuire, bien sûr, mais les mots sont des armes, je l'ai déjà expliqué ici, et ils peuvent blesser.
" Le Soir " doit être capable de dépasser les formules à l'emporte-pièce. Pour aller à l'essentiel, au-delà des préjugés. Ce fut le cas ces jours-ci à propos de la communauté musulmane. Il faudra y songer aussi pour les Africains de Belgique, nous disent en quelque sorte nos interlocuteurs du jour.·