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La participation politique des allochtones en Belgique
Elus d'origine non-européenne en Belgique

Abdelilah Eddial

candidat PSC à la Chambre en 1991 (arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde)


http://dossiers.lesoir.be/ELE/POL/candidats/A_03D931.asp

Le Soir 18 avril 2003

" Il fallait ouvrir une porte "

ALAIN GÉRARD

Je savais que je n'avais aucune chance d'être élu. Mais il fallait ouvrir une porte. Montrer que les hommes et les femmes issus de l'immigration étaient capables de s'engager en politique. J'étais un militant. Le mandat ne m'intéressait pas…

Douze ans plus tard, à 50 ans, Abdelilah Eddial n'a rien perdu de son militantisme. Sauf que son combat politique - au sens premier du terme -, il le mène aujourd'hui dans l'ombre.

En 1991, avec Mahfoudh Romdhani (3e suppléant PS au Sénat), Mohamed Ben Otmane et Abdelaziz Amrani (6e et 30e candidats Ecolo à la Chambre), il fut parmi les quatre premiers " nouveaux Belges " à se présenter à des législatives. Pour le PSC, en 9e position à la Chambre (arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde).

Pas par choix. Politiquement, j'étais plus proche du PS ou d'Ecolo. D'ailleurs, au Maroc (NDLR : arrivé en Belgique en 1976 pour suivre des études d'expert comptable puis de sciences économiques à l'ULB et à l'UCL, Abdelilah Eddial est né à Marrakech dans une famille modeste de 11 enfants), je militais au sein de la gauche. Mais, avec le temps, on devient pragmatique. Et puis, j'avais des amis qui militaient au PSC. Ils ont vu en moi un candidat potentiel. Ce sont eux qui ont négocié une place pour moi, au sein d'un parti sensible à l'intégration des " étrangers " en politique.

Son score ? Il fut modeste : entre 500 et 600 voix. Ni ce faible score ni le fait de ne pas avoir été élu ne furent une déception. Mon objectif était moins d'être élu pour changer la société que de me présenter pour renforcer l'état de droit et les principes de démocratie pour tous. Contre l'extrémisme et l'obscurantisme. Marié à une Belge, je pensais aussi à mes deux enfants et à la société que je voulais pour eux.

Aujourd'hui, Abdelilah Eddial s'est retiré de la politique publique. Expert comptable puis directeur financier, il s'est installé comme indépendant à la tête d'une société de pâtisseries marocaines. Il est également le patron du " Palais des délices ", l'un des salons de thé les plus prisés de la capitale.

Faire de la politique m'a permis de découvrir que je n'étais pas à l'aise dans une telle organisation, avec sa discipline et sa logique de parti. Je suis un libre penseur et un démocrate. Je revendique aussi la liberté qui manque tellement aux pays arabes. Je ne suis plus vraiment un militant mais je reste convaincu de la nécessité de demeurer mobilisé pour la démocratie et la liberté. De culture arabo-musulmane, je demeure aussi solidaire du peuple marocain qui a besoin d'aide dans tous les domaines. La solidarité en Belgique est fondamentale. Là-bas aussi. Désormais, c'est mon combat politique.

Ce qui n'empêche pas Abdelilah Eddial de respecter ceux qui continuent à sacrifier leur vie pour la politique : Même si certains dénoncent les manipulations, par les partis traditionnels, des candidats issus de l'immigration. Cela ne me choque pas. En politique, tout le monde utilise tout le monde. C'est le jeu. A la limite, cette manipulation est une preuve d'intégration : " on " fonctionne comme tout le monde !·


Le Soir 26 décembre 2002

Sorties

Une sélection purement arbitraire d'adresses incontournables
Au Palais des mille et un délices
SÉRIE (3)

ALAIN GÉRARD

Le Palais des délices, un endroit branché ? Il s'agirait plutôt d'un endroit dé-branché. Dans le bon sens du terme, s'entend. Celui qui permet de prendre un peu de recul sur le va-et-vient de la ville. Sur le temps qui file et que l'on ne parvient jamais à arrêter.
C'est vrai que c'est l'une des raisons pour lesquelles j'aime venir ici, confie Michèle. Je me mets côté vitrine avec vue sur la place Saint-Josse. Je sirote mon thé à la menthe, en grignotant une corne de gazelle et en regardant passer les gens. J'adore...

D'or, mais aussi de couleur sable, de calligraphies arabes, de lanternes que l'on imagine magiques, de volutes de fer forgé, le Palais des délices en use avec parcimonie et bon goût. Sur fond de musique marocaine traditionnelle ou contemporaine.
Ce qui envoûte aussi, poursuivent Camilla et Pascal, venus acheter des pâtisseries à emporter, ce sont les parfums d'amande, de miel, de cannelle ou d'orange. Nous, on vient de Woluwe pour ça. C'est déjà un peu comme un voyage au Maroc. C'est dommage qu'ils ne font plus restaurant. Parce que là aussi, ça valait le détour.

En effet, explique Abdel, serveur et maître des lieux, il y a deux ans et demi, quand on a ouvert, on faisait resto, à l'étage. Mais le patron a décidé d'arrêter. Pour se concentrer uniquement sur les pâtisseries traditionnelles. Et le thé à la menthe. C'est pour cela qu'on a aussi arrêté de vendre de l'alcool. Ça n'a évidement rien à voir avec la religion, poursuit-il en souriant. Mais on s'est vite aperçu que les clients venaient ici pour boire un thé, un café ou un chocolat chaud.

Des clients qui viennent de tout Bruxelles. C'est un de mes plaisirs, confie Abdel. Je rencontre des gens venus d'horizons différents. Et puis, le patron me paie bien et vient même me donner un petit coup de main, le soir.

Au moment où les petites lanternes s'illuminent, où la musique se fait encore plus mielleuse et où l'endroit devient le palais des mille et un délices.
Cornes de gazelle, cornets aux amandes, briwates, baklavas, chebbakias, bagues de pistache, émeraudes d'amande, roses des sables, dattes de Tingis, fekkas aux raisins, anneaux aux abricots, bûchettes aux pistaches, m'laouzas andalouses... Plus d'une trentaine de sortes de gâteaux.
Branché, le Palais des délices ? Oui... Pour les gourmands, en quête de multiculture. .


 

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