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Sfia Bouarfa
1950: naissance à Jerada (Maroc)
1994- : conseillère communale à Schaerbeek, réélue en 2000 et en 2006
1995 : députée au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale (réélue en 1999 et en 2004), cooptée au Parlement de la Communauté française
2001-2003 : sénatrice désignée par le Conseil de la Communauté française (En remplacement de Mohamed Daïf, démissionnaire);
2003 (12 juin) : sénatrice désignée par le Conseil de la Communauté française
http://www.senate.be/www/webdriver?MIval=/showSenator&ID=4160&LANG=fr
http://www.parlbruparl.irisnet.be/content/view/68/82/lang,fr/
http://www.pcf.be/ROOT/PCF_2006/public/composition_parlement/cv_parlementaires/bouarfa_sfia.html
site-blog: http://sfiabouarfa.typepad.com/
tractothèque: http://tractotheque.blogspot.com/2006/08/schaerbeek-liste-ps-sfia-bouarfa.html
Le Soir - Actualité politique et sociale Samedi 5 août 1995 page 3
Les nouveaux élus (V)
Sfia Bouarfa ou l'intégration réussie
Sfia Bouarfa, conseillère régionale bruxelloise siégeant au conseil de la Communauté française, est née en 1950 au Maroc. Dans une petite ville minière, où le conseil municipal est socialiste à l'unanimité, ajoute-t-elle fièrement. Issue d'une famille plutôt aisée - son père est cadre mais aussi militant syndical... - et féodale par certains côtés, Sfia Bouarfa arrive en Belgique pour faire des études hôtelières. Une voie qu'elle ne tarde pas à abandonner.
Elle découvre, en Belgique, la dure réalité de l'immigration. Au contact d'autres immigrés mais aussi par sa propre expérience, puisqu'on lui refuse un jour la location d'un appartement. Elle décide d'entrer au Mrax.
Je me souviens, explique-t-elle, de patrons européens qui arrivaient au Maroc avec des cars et promettaient monts et merveilles. Mais la population avait honte. On cachait qu'on avait un membre de la famille qui avait immigré. Le plus grave, c'est que rien n'était fait en Belgique pour les accueillir.
Et, depuis son arrivée en Belgique, Sfia Bouarfa lutte pour aider cette population immigrée à s'intégrer et à vivre mieux.
J'ai vu des femmes accoucher toutes seules ou des enfants aller à l'école en T-shirt parce que leurs mères ignoraient que le temps changait rapidement ou encore des gens mourir à cause du monoxyde de carbone parce qu'ils ne savaient pas se chauffer convenablement. C'est la vision capitaliste de la main-d'oeuvre qui me gêne beaucoup.
Après ses études d'assistante sociale, elle rentre au Maroc. Mais ça n'a pas marché, explique-t-elle, la société marocaine est bien trop machiste.
Retrouvant la Belgique et sa liberté, elle entame une licence en sciences du travail à l'UCL et effectue un stage à la Commission européenne, où elle s'occupe d'égalité entre hommes et femmes. Elle rencontre des personnalités marquantes tels Gisèle Halimi, Édith Cresson, François Mitterrand, André Cools et Guy Spitaels.
Pour celle qui avait un peu milité au PS de Saint-Josse, cette expérience est inoubliable.
D'une franchise parfois gênante selon certains, Sfia Bouarfa n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat. Dans mes tracts, je critiquais le goût d'apparat de certains immigrés qui friment avec de grosses voitures.
Mais c'est en 1992 qu'elle marque un coup d'éclat. Travailleuse sociale à la commune de Schaerbeek, elle découvre des illégalités et écrit à Picqué puis alerte la presse. Elle reçoit son C4. J'ai alors créé ma propre association, non pas par défi vis-à-vis de la commune de Schaerbeek, mais parce qu'il y avait des choses à faire.
En baptisant son ASBL Média femmes international, Sfia Bouarfa affirme sa conviction : L'intégration passe par les femmes. Ce sont elles qui sont à la maison, élèvent les enfants, gèrent le ménage. J'ai donc créé une école des devoirs en association avec les mères.
Se rendant bien compte que le travail social est fragilisé, elle décide de s'engager en politique et déboule au PS.
Quatrième score de préférence socialiste à la Région, après des personnalités comme Picqué, Thielemans et Tomas, elle attribue son succès à un travail d'arrache-pied. Il faut parler avec les gens. La moindre voix, on la gagne à la sueur de son front quand on est femme et qui plus est d'origine maghrébine.
Préoccupée aussi bien par la montée de l'intégrisme que par celle de l'extrême droite, elle compte bien défendre Bruxelles qui accueille toutes les misères et prône les discriminations positives. En attendant de prendre la parole au conseil régional bruxellois, Sfia Bouarfa se détend en jouant à la pétanque - elle a dû abandonner le golf - et relit ses lectures du Maroc, Marx, Tolstoï mais aussi ce qu'écrivent les femmes.
ISABELLE LEMAL
Le Soir Nouvelles locales - Bruxelles Jeudi 8 juin 1995 page 18
Quatre conseillers issus de l'immigration ont fait leur entrée au parlement bruxellois
La vie est belge et c'est ici qu'elle se passe
Nés du côté le plus ensoleillé de la Méditerranée, ils ont choisi nos terres humides pour travailler, prendre racine et savourer la démocratie.
Leurs scores électoraux à la Région bruxelloise ont pu faire tiquer certains mandataires " autochtones ", secrétaire d'État ou échevins : quatre " nouveaux Belges " - ils se définissent avant tout comme démocrates - sont entrés sans complexe au parlement bruxellois. Sfia Bouarfa (2.505 voix), Mahfoudh Romdhani (1.595 voix), Mohamed Daïf (1.311 voix) pour le PS et Mostafa Ouezekhti (1.492 voix) chez Écolo.
L'arrivée à l'assemblée de ces quatre élus atypiques au franc-parler pourrait pimenter certains débats qui avaient parfois tendance à ronronner.
(...)
Sfia Bouarfa, née dans la ville minière d'Oujda, au Maroc, en 1950, est très tôt sensibilisée aux mouvements sociaux. Elle quittera son pays après le bac, en 1971, pour venir étudier au calme en Belgique. La solidarité des élèves de l'école hôtelière (Ceria) tranche sur la raideur insupportable d'un propriétaire qui refuse de lui louer son bien. Direction le Mrax (Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie) et les études d'assistante sociale. Ephémère retour au Maroc, en 1976, mais impossible pour une femme qui revendique de travailler normalement dans cette société oppressante. Après une licence en sociologie du travail, Sfia Bouarfa, mariée à un Turc dont elle a deux enfants citoyens du monde, travaille à la Commission européenne et rencontre Émilienne Brunfaut qui va la lancer dans le socialisme. La presse la découvre en 1993, lorsque Schaerbeek la révoque comme médiatrice sociale alors que son action en faveur de l'intégration des étrangers avait été appréciée par l'administration. L'année suivante, elle était élue conseillère communale... Elle a, depuis, recréé bénévolement une permanence sociale, des activités culturelles, sportives et de loisirs pour les Belges comme pour les immigrés :
- Je suis émue de me retrouver au conseil pour toutes les femmes qui n'ont pas voix au chapitre mais je sens que la population belge nous attends au tournant : nous voulons, en tant que mandataire public, agir pour le bien de tout le monde.
(...)
MICHELLE LAMENSCH
(site du PS, 1999)
Sfia Bouarfa N°2 Liste Sénat (suppléante) 48 ans, Schaerbeek
Message politique
"25 ans de travail social au service des gens...
En Belgique depuis 1971, ma citoyenneté (comme beaucoup d'autres) a longtemps été peu exercée parce que femme et étrangère. Belge depuis 1983, ma participation politique s'explique par l'intérêt que je porte à ce pays qui m'a accueillie et la défense des plus faibles, pour une société harmonieuse, évoluant des différences de ceux qui la composent dans une vision de justice sociale et de solidarité".
Activités professionnelles et fonctions politiques
Militante sur le terrain de luttes sociales depuis toujours (née dans
une région minière et dans une famille syndicaliste), c'est
au sein du PS que j'ai concrétisé ma participation politique.
Conseillère communale à Schaerbeek en 1994, Députée
bruxelloise et communautaire en 1995
Formation
Baccalauréat en philosophie et Lettres modernes , Assistante sociale,
Licence en sociologie du travail
Adresse : 6, rue Fontaine d'Amour à 1030 Schaerbeek Tél. : 02/282.86.16 Fax : 02/245.58.27
Le Soir du mercredi 20 septembre 2000
© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2000
La politique? Pas qu'une partie de campagne
Un exemple de l'utilité des "simples conseillers"
Quarante ans séparent la conseillère communale Sfia Bouarfa de la petite fille qui mourait de peur lorsque les sirènes des mines de Jerada (Maroc) hurlaient dans ses oreilles. Elle en tremble encore aujourd'hui: le hurlement signifiait un problème dans la mine. Et papa était mineur...
A Bruxelles, pas de sirène. A 49 ans, Sfia Bouarfa est une femme sereine. Conseillère communale à Schaerbeek depuis 1994 et députée régionale bruxelloise depuis 1995. Derrière cette réussite, un père syndicaliste qui lui a tracé un chemin difficile. En 1971, elle obtient une bourse pour étudier chez nous. Elle débarque à Bruxelles et cherche un logement. On lui refuse une chambre... parce qu'elle est Marocaine. Epouvantable prise de conscience et début du combat politique en Belgique. Elle rencontre Yvonne Jospa au Mrax puis Guy Cudell. Deux personnalités qui la font militer contre le Vietnam, pour la Palestine, contre la Grèce des colonels et contre Pinochet.
Devenue Belge, elle est remarquée en 1991 par Charles Picqué qui l'engage comme médiatrice à Schaerbeek, rongée alors par le nolsisme. Le Collège ne tarde pas à jeter dehors cette collaboratrice gauchisante qu'on lui impose d'en haut. La presse prend parti pour elle. Sfia devient un symbole de la résistance contre le nolsisme moribond. Propulsée au PS, elle se présente en 1994, sur la liste socialiste dissidente Dunes.
Etre conseiller communal, explique Sfia, cela ne consiste pas seulement à être un "pousse-bouton", même si la discipline de vote limite la marge de manoeuvre. Je participe aux commissions préparatoires des conseils communaux. Ce sont des réunions importantes. C'est là que les choses se décantent et se discutent. Il y a des dossiers épineux.
Il arrive que des conseillers influencent radicalement la position d'un parti (et donc d'un collège communal). A Schaerbeek, quelques conseillers ont finalement persuadé les autorités de supprimer la taxe sur les antennes paraboliques. La communauté turque acceptait mal cette taxe. C'est au cours de ces réunions que nous avons petit à petit fait pression. Même dans la majorité, je peux garder mon libre arbitre, notamment pour des questions morales. C'est arrivé lorsque, avec mon groupe, j'ai voté contre l'augmentation des taxes sur les serveuses de bar de la rue d'Aerschot (quartier chaud de Bruxelles). Elles ne font qu'aggraver la détresse de ces filles.
FRANÇOIS ROBERT
Site de campagne de Laurette Onkelinx 10/08/2006
Sfia Bouarfa : une femme engagée et passionnée
Quel petit bout de femme. Sfia Bouarfa ne laisse personne indifférent. Personne. Elle est trop entière pour cela. C’est un feu, une passion.
Sa vie n’a jamais rien eu d’un long fleuve tranquille. Elle pourrait sans nul doute inspirer un scénariste confirmé.
On imagine les scènes de l’enfance, au Maroc, à Jérada. On voit Sfia souriante, épanouie discutant à n’en plus finir avec sa mère dans une maison plutôt coquette. Puis les visages changent. Les yeux trahissent la peur. Les sirènes des mines de Jérada hurlent. Le père de Sfia, militant syndical, travaille à la mine…
Sfia Bouarfa a maintenant un peu plus de 20 ans. C’est une jeune femme pétillante, volubile, en soif de liberté. Elle obtient une bourse et arrive en Belgique. Ses premières années à Bruxelles vont la marquer pour toujours. Elle va découvrir une société plus libre, plus égalitaire, un pays riche aussi, au développement culturel extraordinaire. Dans le même temps, elle va connaître l’exclusion, le racisme, le rejet. Elle va savoir concrètement ce que signifient les affiches qui alors florissaient dans la capitale : appartement à louer. Etrangers s’abstenir.
Mais Sfia n’est pas femme à baisser les bras. Elle va se révolter, militer au MRAX, poursuivre des études d’assistante sociale qu’elle complètera par une licence en sciences du travail. C’est l’époque des rencontres. Yvonne Jospa, Guy Cudell. Puis, en stage à la commission européenne, elle côtoie de grandes féministes, comme Emilienne Brunfaut ou Gisèle Halimi. Sfia est de tous les combats. En 1973, elle est aux côtés des sans-papiers, grévistes de la faim à l'église Saint-Nicolas rue de Brabant, hélas expulsés manu militari par Nols ! On la voit défiler contre la Grèce des colonels, contre Pinochet, pour la Palestine. On la verra entamer son credo féministe qui ne la quittera jamais.
1991. Sfia a 41 ans, elle est médiatrice à Schaerbeek. Dans le scénario, comme dans la réalité, on la voit travailler de l’intérieur contre un pouvoir communal qui flirte avec l’extrême droite. Elle sera licenciée et deviendra publiquement le symbole de la lutte contre le nolsisme.
Sfia ne quittera plus la sphère publique et médiatique. Elle deviendra conseillère communale, puis une des premières personnalités issues de l’immigration à entrer dans les parlements régional, communautaire et fédéral.
Sfia Bouarfa, dont le franc parler est légendaire, est une perpétuelle insoumise. Elle n’est pas de celles qui ferment les yeux. Elle est toute entière aux côtés des hommes et des femmes pour revendiquer, aider et accompagner.
Sa rencontre insolite, elle l’a simplement imaginée dans la foule, sur un marché de Schaerbeek.
J’avais l’impression qu’elle était sereine et heureuse parmi tous ces gens, et particulièrement des femmes qui l’accueillaient à bras ouverts. Encore une scène de film servie par la réalité : tous ces éclats de plaisir et de convivialité dans chaque groupe qui la happait. On y parlait d’autrefois, et de maintenant. On sentait des liens forts, historiques, sincères.
Des liens que je comprends. Sfia a été la première à m’accueillir par une grande fête multiculturelle lorsque je suis arrivée à Bruxelles. C’était il y a longtemps. Mais cela ne s’oublie pas.
La vie de Sfia impose la suite du scénario. Elle est une femme de chair et d’os, une militante un peu "Madame sans gêne" sans tabous. Et en même temps, elle est l’héroïne d’un conte de fées moderne, social et qui laisse la place belle à l’espérance.
Sfia Bouarfa est la 3ème candidate sur la liste du PS à Schaerbeek.
http://sfiabouarfa.typepad.com/mon_weblog/2006/10/merci_toutes_et.html
13 octobre 2006
Merci à toutes et tous...
Les élections sont terminèes...
Je voudrais tout d'abord remercier de tout coeur les 868 hommes et femmes qui m'ont soutenue et ont cru en moi... Le PS est le grand vainqueur de cette élection, grâce à l'arrivée de Laurette Onkelinx, doublant plus que son score en passant 11,75 à plus de 25% !!!
Je dois cependant vous confier que je nourris une certaine amertume et une certaine déception par rapport à cette campagne et à son dénouement.
J'ai donné une grande partie de ma vie à défendre les valeurs de la démocratie et les valeurs progressistes de gauche,en particulier à Schaerbeek, alors quand j'entends d'aucuns nous traiter d'infréquentables, cela me fait très mal au coeur.
En effet, après avoir crée une dissidence du PS à Scaerbeek voici 12 ans, le PS DUNES, parti d'un groupe d'une quinzaine de personnes pour défendre réellement les valeurs de tolérance et de solidarité qui sont les nôtres et tourner le dos à l'ère Nols et à ses dérives, même parmi les socialistes, ç'est particulièrement difficile à supporter de se faire traiter de paria 12 ans plus tard... Se serait-on perdu en chemin???
http://sfiabouarfa.typepad.com/mon_weblog/2006/10/mes_dclarations.html
19 octobre 2006
Mes déclarations...
Mes déclarations à la presse, cette semaine du 12 et 16 octobre 2006, ne doivent pas être considérées comme des règlements de compte avec mon parti le PS, ni avec quiconque de mes camarades et certainement pas avec un homme comme Philippe Moureaux qui dans beaucoup de moments difficiles a répondu présent pour moi.
Je suis et je reste socialiste.
J'ai peut-être une réputation de franc-parler, mais on oublie souvent que je suis très "discipline de parti". Je n'ai jamais mis en difficulté aucun des 4 groupes PS dans les assemblées où je siège (Cocof-Crb-Pcf et Sénat) ni les ministres socialistes... La solidarité et la fraternité avec mes camarades ne sont pas de vains mots. Je les ai souvent non seulement exprimées mais aussi pratiquées. Mes coups de gueule ont été souvent faits en interne, au bureau du parti, dans les réunions de groupe, aux congrès...
Mais il m'a été difficle de ne pas assumer mes responsabilités face aux questions des journalistes qui doivent faire leur métier, et de m'exprimer sur une situation que plus personne n'ignorait. Beaucoup de citoyens qui connaissaient mes combats me reprochaient, en revanche, mon silence.
Le bureau du parti a décidé de m'envoyer en Commission de vigilance!
J'aurai l'occasion de m'expliquer. Et comme a dit Molière : "la parole a été donnée à l'homme pour expliquer ses pensées..."
Alors expliquons...Et tentons ensemble de trouver le meilleur moyen d'assurer la diversité (qui nous est chère) dans la continuité de l'héritage socialiste ancestral défendu bien souvent dans de durs combats.
Je remercie les nombreux messages de soutien de camarades ainsi que de citoyens anonymes.
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